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LA VISION : UN PEU MOINS QU’UN HOMME

PAR TOM KING ET GABRIEL HERNANDEZ WALTA CHEZ PANINI

La Vision est un personnage né en 1968 sous le crayon de John Buscema et le scénario de Roy Thomas dans le n°57 de la série Avengers. Inspiré par un super-héros de l’Âge d’or créé par Joe Simon et King Kirby, c’est un synthozoïde (un humanoïde de synthèse) au destin complexe rythmé par un ressort scénaristique récurrent : son humanité !

Cet opus contient l’intégralité d’une des mini-série les plus convaincantes qui soient associées au personnage éponyme. La Vision : un peu moins qu’un homme est d’abord l’oeuvre d’un auteur émérite, Tom King (Grayson/Batman Saga/Urban comics, Omega Men/DC). Comme tout scénariste Marvel qui respecte la notion de continuité (largement ébranlée ces dernières années), les focus sur le personnage passent nécessairement par un résumé de son passé, des événements marquants de son existence. Et la Vision n’en manque pas ! Sa naissance, il la doit à Ultron, lui-même crée par Henry Pym (le 1er Ant-Man, Giant-Man, Goliath, Yellow-Jacket devenu récemment le Bourdon en VF), sur les cendres de Human Torch (celui des années 40) et Wonder-Man. Il rejoint les Avengers après les avoir combattu, manipule le gouvernement américain, a deux enfants avec Wanda Maximoff qu’il a épousé …enfants qui s’avèrent alors être des morceaux de l’essence de Méphisto (cf. West Coast Avengers de John Byrne). Avant d’être totalement détruit etc. Tom King l’a transformé en père de famille de banlieue respectable à Fairfax, en Virginie. Les deux enfants vont à l’école et sa femme reste à la maison, pendant qu’il travaille chez les Avengers. Mais qui voudrait d’un espèce de robot ultra-puissant dans le voisinage ? à l’école ? L’ambiance vire rapidement en tension dramatique, les passions humaines finissant par supplanter la logique dominante chez les êtres artificiels. Du moins, c’est l’idée que nous en avons à ce jour. La vie paisible des banlieusards bien tranquilles vole en éclat, littéralement. Et tous les personnages qui ont jalonné son existence s’insère dans le récit avec beaucoup de cohérence, car, si l’exercice est assez répandu, il n’en est souvent pas moins raté ou répétitif. Tom King domine son sujet, et ça se lit ! Jusqu’au final, logique et dramatique, comme il se doit (?).
Gabriel Hernandez Walta (X-Men, Magneto) s’occupe lui de l’essentiel de la partie graphique, aidé par Michael Walsh, avec Jordie Bellaire aux couleurs. A l’instar de nombreux dessinateurs, et pas seulement les espagnols ou les sud-américains, son style est plus européen, s’attardant sur les conséquences plutôt qu’une dynamique de l’image, plus léchée, moins explosive sur la durée. Sans que l’ensemble ne trahisse un instant l’ambiance de La Vision…, plus contemplative qu’un récit classique de super-héros.
Cette série a été largement récompensée par le public et la critique, autant pour le fond que pour les auteurs. Sa portée va bien au-delà du simple lectorat de comics (et pas question du MCU, Marvel au cinéma), mais interpellerait sans nul doute l’amateur de bande-dessinée sans étiquette. La seule barrière, c’est la curiosité ou plutôt son absence…

Alain Salles

Chroniques BD

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