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INTERVIEW #177 – DIDIER WAMPAS @ DIEGO ON THE ROCKS

INTERVIEW WAMPAS PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

Didier Wampas est le personnage incontournable du paysage rock-alternatif depuis 4 décennies ! Les fans l’aimeraient roi, les politiques l’aimeraient muet mais la majorité reconnait en lui le talent du rocker atypique qu’il est…

Alors qu’il vient de sortir un nouvel album (« Tempête, Tempête » le 30/09) et qu’il se produit au Krakatoa de Mérignac, notre chroniqueur Diego a eu la chance de le rencontrer sous le regard photographique d’Emmanuelle Derrier. Une interview décidément pas comme les autres…

DIDIER WAMPAS : Bonjour micro ! Cela ne te dérange pas si je m’allonge sur le canapé ? Peux-tu me psychanalyser ? 

DIEGO : (surpris) Pas de problème ! Je peux prendre ta main ?

DIDIER WAMPAS : Ah non, on ne touche pas le client… je vous écoute docteur !

 

DIEGO : Dites-moi monsieur le patient, combien de concerts avez-vous fait durant votre carrière ?

DIDIER WAMPAS : Je sais pas… 2000, 3000… 

 

DIEGO : Es-tu déjà tombé de ta chaise dans la fosse lorsque tu es porté par le public ?

DIDIER WAMPAS : Oui plusieurs fois mais je ne suis jamais mal tombé. Il y a toujours quelqu’un pour me rattraper… j’ai même essayé de faire monter un spectateur avec moi, c’est beaucoup plus difficile ! Ce n’est pas une habitude mais rares sont les soirs où je ne m’amuse pas à le faire. Dans la vie de tous les jours, c’est un geste impossible alors j’en profite !

 

DIEGO : J’ai trouvé énorme l’histoire de la gravure inversée (erreur de pressage vinyle) entre ton dernier album et celui de Cali ! Incroyable surtout que j’ai souvenir de t’avoir vu en concert alors que tu chambrais Bruno (Cali) en l’accusant d’usurper le crowd-surfing ! (fait d’être porté par le public en fosse)

DIDIER WAMPAS : Effectivement et c’est vrai ! Cali n’est pas méchant et je l’aime bien. Il fait ce qu’il veut et c’est rigolo l’inversion de disques… sur le moment on est pas content et puis après l’affaire est réglée. En fait la maison de disques a du inverser les mixages à produire à l’usine de vinyles. On ne sait pas le fin mot de l’histoire… 

DIEGO : Remarque ça fait un collector ! 

DIDIER WAMPAS : Oui mais le notre n’a pas pu être pressé à temps et nous avons du retard dans la livraison… surtout qu’il y a pas mal de demandes en ce moment. 

 

DIEGO : Effectivement, la loose ! Les Wampas ont commencé il y a 40 ans, y’a t’il une période qui fut meilleure que les autres ?

DIDIER WAMPAS : Non, tu vois c’est comme le vin, on est meilleur en vieillissant. Sincèrement, le concert d’hier à Toulouse était super et je suis de plus en plus à l’aise. Après si tu me demandes une période plus difficile qu’une autre, probablement le début des 90’s. Entre « Les Wampas Vous Aiment » et « Simple Et Tendre » c’était un peu compliqué. Je réécoute peu mes disques, surtout pas « Simple Et Tendre » de 1993, mais je considère toute ma discographie comme « mes enfants ».

 

DIEGO : N’es-tu pas nostalgique des années 80’s ? Je parle musicalement !

DIDIER WAMPAS : Non. Evidemment les groupes de l’époque me manquent mais je n’en suis pas nostalgique. Cette période était agréable.

 

DIEGO : Tu n’es pas le seul à être toujours présent ! Ludwig Von 88 revient en 2023 !

DIDIER WAMPAS : Oui, ils s’étaient déjà reformés mais leur musique a changé. Je trouve la formule un peu réchauffée même si ce sont mes amis.

 

DIEGO : En parlant d’amis, parlons des fans. Durant la période Covid, tu as fait des concerts chez toi filmés en direct de Sète pour les réseaux sociaux. C’est important de conserver ce lien avec ton public ?

DIDIER WAMPAS : En fait on m’a demandé de faire un morceau pour une radio et puis j’ai trouvé ça éclatant, j’ai donc continué. J’ai beaucoup aimé ce challenge. Le but était de s’amuser, je n’étais même pas gêné de ne pas avoir de public physiquement parlant. Un exercice différent et sympathique.

DIEGO : Est-ce que le groupe Dogs (dont faisait partie ton guitariste Tony Truant) et les Thugs ont eu de l’importance dans la musique des années 80 ? 

DIDIER WAMPAS : Non pas du tout. Ces groupes étaient à part et j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient même s’ils n’évoluaient pas dans le même registre musical. Nous ne tournions pas ensemble et pour la petite anecdote je n’ai jamais vu un concert des Dogs avec Tony. Les Thugs, nous avons joué quelquefois avec eux. J’aime bien ces deux formations.

 

DIEGO : Moi également ! Le début des années 80 était prolifique et a probablement influencé Noir Désir dans cette mouvance alternative. Les Wampas ont-ils un rituel avant d’entrer sur scène ?

DIDIER WAMPAS : Non… nous ne faisons pas de trucs de footballeurs et n’avons pas de rituel !

 

DIEGO : Sur le dernier album publié en septembre 2022, préfères-tu les « tempêtes à sec » aux  « tempêtes de joie » ? (rires)

DIDIER WAMPAS : Les tempêtes dans mon solo… 

DIEGO : Si j’ai bien compté dans le morceau « Tragédie », tu répètes 70 fois le titre ! Tu vas battre Johnny avec « Je T’Attends » !

DIDIER WAMPAS : Je n’ai pas compté mais je veux bien te croire. Nous ne la jouons pas sur scène, c’est bien dommage d’ailleurs ! J’aime ce morceau, ça sonne bien !

 

DIEGO : « Mike Love I Love You » c’est pour la rime où c’est un hommage au chanteur des Beach Boys ?

DIDIER WAMPAS : Oui c’est un hommage. On parle en mal de lui en disant que Brian Wilson est le gentil et Mike Love le méchant du groupe. C’est faux et je voulais lui rendre justice.

 

DIEGO : Après avoir rendu « hommage » à Chirac, U2, Johnny, Jalabert, Manu Chao et plein d’autres… tu t’attaques à Ringo de Balmalon. Qui est-ce ?

DIDIER WAMPAS : Tout le monde a été sur Wikipédia pour savoir ! Il s’agit du chat du général De Gaulle ! Je ne sais plus pourquoi j’ai écrit ce titre il y a deux ou trois ans mais il s’agit bien de l’animal de Charles et Yvonne. Je trouve qu’on en parle pas assez ! (rires)

 

DIEGO : Moins connu que Baltique, le chien de Mitterrand ! Au moins tu contribues à la culture générale de tes fans… tant que nous sommes en politique, Fabien Roussel est loin d’être ridicule dans le paysage politique actuel, qu’en penses-tu ?

DIDIER WAMPAS : Il énerve Mélenchon et c’est très bien ! Difficile d’être communiste en 2022, tout comme être punk, il n’y a pas de réponse. On a joué à la fête de l’humanité cette année pour la 3 ou 4ème fois de notre carrière. Toujours de superbes moments.

DIEGO : « Julian » n’est-elle pas la chanson musicalement la plus « Wampas » du dernier album ?

DIDIER WAMPAS : Au départ ce titre ne devait pas être sur le disque. Il n’apparait que sur le CD et ne sera pas disponible sur le vinyle, techniquement parlant. J’aime bien cette chanson, je suis fan de Julian Alaphilippe et de cyclisme en général. Jalabert était présent hier soir lors de notre concert au Bikini de Toulouse. J’aimerais qu’un français gagne prochainement le tour de France, Julian est quand même double champion du monde !

 

DIEGO : Tu aimes toujours les « femmes » que tu chantes et que tu fais monter sur scène en fin de spectacle en reprenant Patrick Juvet !

DIDIER WAMPAS : Oui mais c’est peut-être les dernières fois que je fais ça parce qu’avec #metoo, on peut plus rien faire… 

DIEGO : Pas faux… 

DIDIER WAMPAS : Après ce sont elles qui montent sur scène sans aucune obligation.

 

DIEGO : Dans ta discographie depuis 40 ans, dans les titres de chansons il y a Victoria, Valérie, Marie-Lou, Patricia, Jenny, Allison, Gisèle, Marylin, Denise, Julie, « Petite Fille »… mais en 2022 dans ce dernier album, aucune femme n’est citée ! Je suis surpris !

DIDIER WAMPAS : Ah oui c’est vrai ! J’avais pas fait gaffe… rien à voir avec #metoo, c’est un hasard. Souvent ce sont des chansons yaourt et un prénom vient durant les répétitions. C’est ainsi que la chanson et son titre sont nés !

 

DIEGO : Beaucoup de fans réclament à ce que Didier Wampas devienne le « roi » de France. Si c’était le cas et que nous vivions dans une monarchie, Arno Futur pourrait-il être ton premier ministre ?

DIDIER WAMPAS : Il sera là ce soir ! Il habite Bordeaux. Mon gouvernement serait ouvert mais en premier ministre je pense que Loran Béru serait le mieux placé ! Néanmoins Arno serait de la partie… 

DIEGO : Parfois tu as un rituel de fin de concert qui consiste à serrer la main à tous les spectateurs en te plaçant à la sortie de la salle. Tu continues à le faire ?

DIDIER WAMPAS : Hier soir je l’ai fait. Ce n’est pas systématique et tout dépend de la configuration de la salle et de la chaleur ambiante. Je fais la bise à ceux qui veulent aussi…

 

DIEGO : Une marque de respect qui t’honore dans le paysage musical actuel ! Bravo ! 

DIDIER WAMPAS : Merci  ! 

 

DIEGO : Quel est le meilleur concert que tu aies vécu en tant que spectateur ?

DIDIER WAMPAS : Sans hésiter, les Cramps à Paris-Bobino en 1981. Un concert dingue, il n’y avait plus de service d’ordre, l’ambiance était sauvage, je suis monté sur scène, Lux Interior chantait en s’appuyant sur moi. C’est le must de ce que j’ai vu. Pour mes meilleurs concerts en tant qu’artiste, c’est celui de ce soir qui est le plus important ! C’est ma raison d’être… 

 

DIEGO : Merci Didier pour cette interview sans langue de bois et cette humanité. Longue vie aux Wampas et vive le roi !

DIDIER WAMPAS : Merci Diego

 

  • Remerciements : Marie du Krakatoa
  • Photos : Emmanuelle Derrier
  • Relecture : Jacky G.

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