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INTERVIEW #166 – QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE @ DIEGO ON THE ROCKS

INTERVIEW QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE

PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

 

Après 3 décennies de carrière, Piero alias QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE revient au meilleur de sa forme avec un nouvel album énergique qui mérite un sérieux coup de projecteur médiatique.

L’artiste a invité Musiques En Live dans son local de répétitions situé en région Bordelaise afin de revenir sur les différentes formations pour lesquelles il a été chanteur/guitariste mais également pour parler de la scène et de « One Of Us » sorti le 16 septembre dernier. Une interview sincère mise en images par Jessica Calvo Photographe et réalisée par Diego.

 

DIEGO : Petit retour en arrière, comment es-tu tombé dans la musique ?

QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE : Dans les 70’s, ma grand mère m’a inscrit au conservatoire. Alors que mes parents n’étaient pas musiciens, celle-ci était violoniste à l’orchestre classique de Chambery et a insisté pour que j’apprenne le solfège. Ma soeur ayant choisi la guitare, je devais m’investir obligatoirement dans un autre registre et ai choisi la flute traversière… je sais que cela peut surprendre !

De 7 à 18 ans, j’étais au conservatoire de Grenoble et suis diplômé. Jeune adulte, j’ai voulu devenir plus rock et ainsi passer de BALAVOINE et DURAN DURAN à TELEPHONE ! (rires) C’est ainsi que j’ai commencé la basse qui est plus facile à apprendre que la guitare.

 

DIEGO : Et tu as commencé à jouer dans des groupes ?

QDBE : Oui. Le premier s’appelait QUINTANA ROO en 1991 en référence à un état Mexicain. Toute la première partie de ma carrière, je chantais un Espagnol avec comme grosses influences EL ULTIMO DE LA FILA et HEROES DEL SILENCIO. A l’époque, certains pensaient que le « rock espagnol » s’apparentait aux castagnettes et aux GIPSY KINGS ! En Espagne, le rock s’est démocratisé après la mort de Franco en 1975. 

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DIEGO : Finie la dictature, vive la monarchie ! Et quand es-tu passé de la basse à la guitare ?

QDBE : A la création de mon second groupe, LIGA QUINTANA créé en 1998 et dont le premier album a été publié en 2001. J’étais chanteur et guitariste dans cette formation qui était un collectif, « LIGA  » pour le groupe et « QUINTANA » pour rappeler l’expérience précédente. Ce nom n’a rien à voir avec mon patronyme. 

En 2011, j’ai bossé seul sur le projet rebaptisé QUINTANA avec notamment un album acoustique que j’apprécie particulièrement qui s’appelle « El Mayor Enemigo ». Dans toutes ces formations, je suis passé du rock Espagnol à l’électro-grunge en passant par l’acoustique. Enfin, j’ai travaillé avec un bassiste qui s’appelle Spike en m’aidant d’une GrooveBox Roland MC909 qui rappelle le son DEPECHE MODE des 90’s. A cette période, j’ai commencé à chanter en Anglais et à délaisser un peu l’Espagnol.

Enfin pour QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE créé en 2018, j’ai ajouté du blues à mes compositions. A l’origine Spike était dans le projet mais suite à ses défections pour ouvrir les concerts de GAETAN ROUSSEL et CHRISTINE AND THE QUEEN, j’ai assuré seul sur scène. L’idée était née de me produire en « One Man Rock’n Roll Electro Heavy Blues » !

 

 

DIEGO : Entre ton premier album de QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE  « Older » et « One Of Us » qui vient de sortir, tu as publié un EP baptisé « 4 Lost Songs ». Ces titres ont-ils été écrits durant la Covid ou est-ce de vieilles chansons revisitées ?

QDBE : Il s’agit de titres perdus après l’urgence de l’album « Older » enregistré rapidement avec Remi GUIRAO. J’aime sa vision « jeune » de la musique, il chante dans le groupe Grenoblois ARABELLA et est également réalisateur de ce disque. Musicalement, il a une vision différente de la mienne nous permettant d’être complémentaires.

Pour répondre à ta question, ces 4 titres ont été enregistrés durant la Covid sans objectif d’intégrer l’album à venir. Un single et sa vidéo furent publiés, « I Will Be Myself ». C’est l’époque où ma compagne Jessica (qui est photographe professionnelle) et moi-même avons déménagés de Grenoble à Bordeaux (août 2019). L’enregistrement, la production et le mixage de « One Of Us » ont été réalisés en Isère en prenant notre temps contrairement à « Older« . Celui-ci a été composé avec des machines mais pas l’enregistrement. Batterie, trompette et percussions sont d’origines. J’ai effectué énormément d’aller-retour Bordeaux-Grenoble pour finaliser « One Of Us ».

DIEGO : Le 16 septembre 2022 est sorti cet album. Quel est son contenu ?

QDBE : La musique représente des périodes de ma vie. J’avais envie d’un disque beau et agréable, très arrangé et plaisant. Son écoute et la prestation que je propose en concert des titres de « One Of Us » sont totalement différentes. Je n’aime pas entendre live l’exacte interprétation d’un album… mon but était de faire de mon mieux pour réaliser ce disque et d’être au top lors de mes concerts. L’émotion et l’énergie sont primordiales, la cohérence est maintenue.

 

DIEGO : L’album parait très positif ! « I’m Here », « Go Ahead », « Now I Choose », « Are You Ready »… on se dit que tu sais ce que tu veux !

QDBE : J’ai des périodes sombres, ne suis pas très engagé politiquement et évite les chansons d’amour. Tout en conservant une mélodie, je joue sur les émotions personnelles et recherche le positif.

 

DIEGO : Après quoi (ou qui) cours-tu dans le clip de « Go Ahead » ?

QDBE : Nous avions initialement pensé à une poursuite puis cela a changé avec un mec qui avance, qui lâche rien. Ce mec semble avoir un but et il me ressemble tout simplement. Si tu regardes bien les phases lorsque je cours, cela va de plus en plus vite. Je marche, puis accélère pour terminer en sprint dans les bois. Le clip a été tourné à Darwin en incluant des phases de live.

 

DIEGO : Tu as également sorti en single « Crazy » qui bénéficie d’un clip rappelant South Park. Parle-moi de cette chanson ?

QDBE : C’est un morceau que je voulais pouvoir jouer seul sur scène avec ma guitare et la grosse caisse. L’album était quasiment fini et j’ai présenté ce titre à Remi GUIRAO qui a adhéré immédiatement. En quelques mots, les paroles racontent l’histoire d’un chanteur qui ne passe pas en radio mais qui veut s’éclater, quitte à être pris pour un fou. On revient à la discussion précédente sur un type qui souhaite aller de l’avant !

Le clip est une idée de Jessica qui gère tous mes visuels. Les personnages représentés sont des gens existants et il a été réalisé par Loran GOUY, un vidéaste Grenoblois. Entre le grunge et le rock, je déambule dans une voiture tout en récupérant mes amis dans une ambiance « Crazy »… la finalité étant d’aller à un concert.

Initialement, l’idée de Jessica était d’avoir plus de dessins mais nous étions limités niveau budget. A ce jour, le clip a 55 000 vues et c’est très cool.

DIEGO : J’aime beaucoup le titre « So Hard To Say » dans ton disque !

QDBE : Merci ! C’est un morceau différent qui rappelle un peu mes influences DEPECHE MODE. Il ressemble moins à mon côté stoner-roots-blues. On m’en parle afin qu’il devienne un éventuel single, nous n’avons pas encore tranché car j’aime beaucoup la balade « I Wish You Had Never Been There » qui casse un peu les codes.

 

DIEGO : Dans les crédits de la pochette, tu dédicaces cet album à Jacques. Qui est-il ?

QDBE : Bonne question et merci pour lui ! En trouvant mon local de répétitions à l’ouest de Bordeaux, j’ai rencontré cet ancien architecte retraité qui construit des boites en acier. Un mec grisonnant qui avait la classe. Etant voisins de « box », nous avons appris à nous connaitre et sommes devenus amis. Jacques étant bricoleur, j’ai pensé à lui pour solidifier ma grosse caisse afin de monter dessus. C’est un modèle unique calculé en fonction de mon poids dont l’intérieur est réellement fait « maison » car renforcé pour supporter mon utilisation intensive. Il est venu me voir en concert, nous avons bu quelques coups ensemble et en janvier 2022 je l’ai revu et trouvé pas très en forme. J’ai appris une semaine plus tard qu’il s’était suicidé à Paris… d’ailleurs sur la pochette intérieur on voit en filigrane les plans de la grosse caisse qu’il m’a construit.

 

DIEGO : Belle mais triste histoire…Parlons de la scène : Tu préfères te produire seul ou en groupe ?

QDBE : Il s’agit de deux choses différentes. Je sais qu’un jour je remonterai un groupe mais aujourd’hui j’ai envie d’être seul et imprévisible. 

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DIEGO : Au moins tu t’engueules avec personne ! (rires)

QDBE : C’est clair ! Musicalement tu es autonome alors qu’en groupe tu partages plus d’émotions et d’échanges. A l’inverse une machine (comme la Roland MC909) qui m’accompagne en solo reste froide et rigide. Actuellement je joue seul mais l’envie de rejouer avec un batteur reviendra.

Un chanteur dans un groupe attire 80% des regards. L’avantage d’être nombreux est que si tu n’es pas en super forme, tes collègues t’aideront à t’en sortir. En solo, c’est mort… et 100% des regards sont sur toi ! Un chanteur qui décroche sur une chanson doit récupérer de suite le public sinon c’est foutu. Un guitariste qui pète une corde peut être remplacé par un autre musicien qui va « meubler » en attendant que la corde soit changée…

 

DIEGO : Qu’est ce qu’un guitar-hero, à part un jeu vidéo ?

QDBE : Ce n’est pas moi même si c’est plaisant lorsqu’on m’en parle ! Un guitar-hero n’est pas nécessairement une bête comme SATRIANI ou STEVE VAI. Pour moi c’est un type qui va mettre l’instrument en avant et être en osmose avec celui-ci ! Faire corps avec la guitare est important. Personnellement pour mes mixages en live, le bon réglage c’est quand la guitare est trop forte ! (rires)

Le chant est primordial mais la guitare l’est d’autant plus ! J’aime Jack WHITE et Jimi HENDRIX. Un guitariste comme THE EDGE est énorme car il a inventé un style, comme Kurt COBAIN l’a fait dans les 90’s avec peu d’accords. Dans le même genre, B.B. KING était un maitre… une seule note mais la bonne !

 

DIEGO : En concert tu reprends les STOOGES et dois parfois être un « homme-orchestre » en solo ?

QDBE : Je suis un gros fan d’ Iggy POP. Avant « I Wanna Be Your Dog » je reprenais « NightClubbing » avec une introduction à l’harmonica. Lorsque je jouais mon album « El Mayor Enemigo » en 2012-2013, j’avais la grosse caisse au pied, une guitare acoustique, le micro et l’harmonica. Je ne pouvais pas bouger sur ce set acoustique, raison pour laquelle je suis revenu sur de l’électrique à l’album suivant.

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DIEGO : Questions plus personnelles : Es-tu Grenoblois ou Bordelais et lorsque ta compagne d’origine Espagnole t’engueule, parle t’elle Français ou Espagnol ? (rires)

QDBE : Je suis Grenoblois ! J’ai connu Jessica à Saragosse et elle m’a rejoint à Grenoble où nous avons vécu quelques années. A force de tourner en concerts, j’ai aimé la région sud-ouest et adore les Landes tout comme l’Océan. Nous avons opté pour Bordeaux sachant que cela nous rapproche de l’Espagne. C’est une très belle ville.

Concernant les engueulades, ça sort direct en espagnol mais cela n’arrive jamais, bien entendu… (rires)

 

DIEGO : En plus Bordeaux est une belle ville musicale qui compte un nombre incroyable de bons photographes !

QDBE : C’est vrai. Un département plus rock que l’Isère.

 

DIEGO : Quels sont tes plus beaux concerts vécus en tant que spectateur ?

QDBE : Dès que possible je vais voir DEPECHE MODE depuis « Touring The Angel » la tournée de 2005, je trouve que le chanteur Dave GAHAN est incroyable. Également SCHIZOPHONICS pour le visuel et la qualité du leader qui a tout le temps la banane. J’aime aussi THE KILLS et BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB. Ces derniers ont un style bien à eux, tout comme THE LIMINANAS qu’il faut voir sur scène.

 

DIEGO : Entièrement d’accord avec toi, les artistes se découvrent en concert ! Merci Piero pour cette interview, longue vie à « One Of Us » que tu vas défendre durant les mois à venir ?

QDBE : Oui, j’invite les gens à regarder sur les réseaux sociaux mes prochaines dates de concerts. Entre autres, je serai le 14 octobre à Carbon Blanc (33), le 21 octobre au Salem à Bordeaux, le 5 novembre à Bouguenais (44) et à l’Olympic Café de Paris le 14 janvier 2023. D’autres dates seront prochainement annoncées. Merci à toi Diego.

 

  • Remerciements : Piero QUINTANA
  • Photos : Jessica CALVO Photographe
  • Relecture : Jacky G.

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