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INTERVIEW #155 – LES NEGRESSES VERTES @ DIEGO ON THE ROCKS

INTERVIEW LES NEGRESSES VERTES PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

A l’occasion des 30 ans de leur premier album « Mlah » (qui signifie « Tout va bien »), les NEGRESSES VERTES ont entamé une tournée internationale en 2018. Stéfane MELLINO, membre fondateur a accepté de rencontrer Musiques En Live lors d’un passage en terres Girondines au festival des Noctambules à Saint Aubin de Médoc. L’occasion de revenir sur sa belle carrière et de parler d’un nouveau tour de France prévu jusqu’en novembre 2022 à Paris.

L’entretien est signé Diego et les photos de Sylvie DRD et d’Alain KOENIG. Remerciements particuliers à ARTEDI PRODUCTIONS pour la qualité de l’accueil des journalistes.

DIEGO : Quand le groupe s’est-il reformé et quels sentiments provoquent cette nouvelle tournée 2022 ?

STEFANE MELLINO : Nous nous sommes retrouvés fin 2017 pour entamer une nouvelle tournée en 2018. Initialement nous partions sur une quarantaine de dates pour fêter les 30 ans de l’album « Mlah ». Nous avons fini avec 160 concerts à l’arrivée de la COVID ! Ce soir à Saint Aubin de Médoc, nous sommes à la 220 ou 230ème date de cette belle aventure et il faut admettre que le bouche à oreille a fonctionné ! Nous faisons de la musique pour les gens, pour qu’ils s’amusent sans aucune promotion. Nous n’avons fait aucune télévision et il s’agit d’un retour aux sources, comme en 1987 lorsque le groupe est né !

 

DIEGO : Quel regard poses-tu sur ta propre carrière sachant que tu as commencé avec LES OUVRIERS puis fondé les NEGRESSES VERTES et enfin MELLINO avec Iza ?

STEFANE MELLINO : 40 ans de carrière ! Ce qui est sympa passé 60 ans, c’est de pouvoir se retourner et de constater qu’avec les hauts et les bas, nous avons un parcours sympathique. En toute modestie, j’en suis fier car il est difficile de se maintenir sans céder au « bruit des sirènes » et en maintenant un cap.

 

DIEGO : « Mlah », superbe album de la fin des années 80 qui tenait le haut des charts alternatifs avec « Patchanka » de la MANO NEGRA… c’était hier !

STEFANE MELLINO : Oui c’était hier ! Lorsque j’étais jeune et que j’écoutais les artistes qui avaient 35 ans de carrière, j’avais l’impression qu’une éternité nous séparait ! Finalement, il s’agit d’un clin d’oeil dans l’espace temps et d’une bonne partie de la vie d’un homme. L’alchimie qui fût la nôtre est une chance inouïe et c’est magnifique de penser que ce n’est pas fini.

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DIEGO : A la fin des 80’s, les jeunes écoutaient les WAMPAS, la MANO NEGRA, BERURIER NOIR, les NEGRESSES VERTES, PIGALLE et plein d’autres… s’agissait-il d’une fraternité ou d’une concurrence entre tous ces groupes prometteurs ?

STEFANE MELLINO : Plutôt une émulation ! J’ai connu les BERUS à 18 ans vers 1982, période à laquelle j’ai rencontré Helno. Certains se construisaient alors que d’autres se séparaient, nous rentrions dans la musique en faisant des groupes et pour éventuellement durer, sans certitude.

 

DIEGO : Denis BARTHE de NOIR DESIR est devenu batteur en fondant le groupe. Etais-tu musicien avant les NEGRESSES VERTES ?

STEFANE MELLINO : Même si j’étais guitariste avant les NEGRESSES VERTES, c’était pareil pour nous. Le but était de faire de la musique et de jouer ensemble, même si certains ne maitrisaient pas totalement leurs instruments. Avec le collectif NEGRESSES VERTES, j’ai appris le professionnalisme. Outre l’amusement, nous avons géré les contraintes, la gymnastique des prestations et l’endurance.

DIEGO : Musicalement, le groupe serait plus orienté MANO NEGRA ou GIPSY KINGS ?

STEFANE MELLINO : Nous sommes un mixage de GIPSY KINGS, du raï de Cheb KHALED, des BÉRUS et du rock. Dans les 70’s, nous étions adolescents et avons été influencés par ce passage 70/80 alternatif et cosmopolite.

 

DIEGO : Musicalement, pouvons-nous comparer les années 80 et 2020 ? Pour paraphraser une de tes chansons, serait-ce la « Fin Des Haricots » ?

STEFANE MELLINO : Je ne suis pas certain que cette mentalité Française se retrouve partout. Ma fille Carmen vit en Angleterre et la scène rock est importante. La musique est une industrie dans les pays Anglo-Saxons. A côté, les Français font « artistes de variétés » qui se régénèrent… et les groupes de rock ont du mal à résister. Cela ne m’empêche pas d’être sensible à KO KO MO et MNNQNS mais la scène rock hexagonale est compliquée. 

 

DIEGO : Revenons à l’album « Mlah », connais-tu beaucoup d’hommes pouvant s’identifier à la superbe chanson « Il » ?

STEFANE MELLINO : Malheureusement oui. En 1988 lorsqu’on a écrit cette chanson, MITTERRAND annonçait qu’il n’y aurait plus jamais de SDF dans la rue… où en sommes-nous 35 ans plus tard ? Cette chanson parle du quotidien d’un citoyen lambda qui perd tout du jour au lendemain et personne n’est à l’abri d’une telle mésaventure !

DIEGO : « Le Père Magloire » en ferait-il partie ? (rires)

STEFANE MELLINO : Le père Magloire est intemporel ! (rires)

DIEGO : Un titre que tu as écrit et que j’aime particulièrement : « L’Homme Des Marais ». N’est-ce pas une des plus belles chansons d’amour des NEGRESSES VERTES ?

STEFANE MELLINO : J’adore les chansons d’amour et « L’Homme Des Marais » est probablement la seule chanson hors tubes que nous avons joué à toutes les tournées. Il n’est pas facile d’écrire une chanson d’amour sans exagération et celle-ci représente le son typique des NEGRESSES VERTES. Un tempo de départ calme suivi d’une suite d’accords qui engendre un petit frisson à chaque interprétation.

DIEGO : Malheureusement ce titre n’est pas dans l’album acoustique sorti en 2001 ! 

STEFANE MELLINO : Elle aurait mérité de l’être mais n’a jamais quitté notre répertoire. Nous la jouerons ce soir !

 

DIEGO : En parlant des tubes, quelles sont les chansons qui seraient plus estivales que « Sous Le Soleil De Bodega » et « Voilà L’Été » ?

STEFANE MELLINO : Y’en a plein ! Je pense immédiatement au « Sud » de Nino FERRER. A l’époque des jukebox « Sea Sex and Sun » de GAINSBOURG et « Angie » des ROLLING STONES. Un grand classique de François DEGUELT : « Le Ciel Le Soleil et la Mer ». « Coquillages Et Crustacés » de Brigitte BARDOT !

DIEGO : « Vamos A La Playa », « La Plage Aux Romantiques », « La Lambada »… néanmoins les grandes radios Françaises incluent systématiquement « Voilà L’Été » dans leurs playlists du mois de mai ! Côté composition, l’inspiration vient toujours à la guitare ?

STEFANE MELLINO : Principalement à la guitare. Mais si on revient à « L’Homme Des Marais » et « La Mer à Boire », ces deux chansons ont été composées au piano. Tout comme « Face à La Mer », la mélodie est venue sur un clavier pour ensuite les re-transposer à la guitare et à l’accordéon. 

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DIEGO : Je ne peux pas te rencontrer sans parler d’Helno, fondateur des NEGRESSES VERTES parti trop tôt !

STEFANE MELLINO : Evidemment ! En janvier 2023 cela fera 30 ans qu’il nous a quittés. C’est un bel hommage de continuer à chanter ses titres quelques décennies plus tard. A mes yeux, il côtoie les plus grands chanteurs comme BRASSENS et PIAF. Je pense qu’il était le juste milieu entre GAINSBOURG et BREL. J’aimais sa verve et sa façon de voir les choses. Il a commencé avec LUCRATE MILK avant de rejoindre BERURIER NOIR puis créer NEGRESSES VERTES avec Mathias, Paulo, Gaby, Iza et moi-même. Il manque et a largement contribué aux deux premiers albums sachant que nous avons enregistré 5 disques en comptant « Acoustic Clubbing ».

DIEGO : D’ailleurs « Trabendo », dernier disque de chansons originales sorti en 1999 était complètement différent !

STEFANE MELLINO : Oui, il était temps de nous renouveler et d’ouvrir notre direction musicale à d’autres influences. 

 

DIEGO : A cet effet, peut-il y avoir un nouvel album studio ?

STEFANE MELLINO : Tout est possible mais ce n’est pas envisagé. L’époque a évolué et il n’est plus nécessaire de sortir un album pour se produire sur scène. Nous nous laissons vivre au gré de nos rencontres sans rien s’interdire. Après, il suffit d’un riff…

 

DIEGO : Avais-tu croisé Robert PLANT aux Vieilles Charrues 2018 ?

STEFANE MELLINO : Non ! Par contre on a joué avant GORILLAZ, un grand moment. 

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DIEGO : Un autre moment exceptionnel de votre carrière c’est lorsque MADONNA vous sollicite pour la bande originale du film DICK TRACY !

STEFANE MELLINO : Oui après notre premier album. Nous avons signé chez SIRE RECORDS en Amérique, le label des RAMONES. Elle avait le même (label) et est venue nous voir au Roxy de LOS ANGELES. Elle a demandé une chanson pour ce film de Warren BEATTY qui était son compagnon de l’époque. Nous avons enregistré le titre « Mamma Mia »

 

DIEGO : Sacrée reconnaissance ! Et il y a des collaborations que tu aurais aimé faire ?

STEFANE MELLINO : Une en particulier ! ARNO ! Lorsque Helno est décédé, nous nous sommes posés la question pour qu’ARNO le remplace. Cela n’a pas abouti mais fût sérieusement envisagé.

 

DIEGO : Cela aurait été un beau mixage de talents ! Ta fille Carmen a un groupe ?

STEFANE MELLINO : Oui elle vit à Brighton et joue avec le groupe BELMONDO. Ils ont une vingtaine d’années et font du rock à l’Anglaise. 2 singles sont disponibles. J’aimerais les faire venir pour jouer en France, peut-être à la fin de l’année…

 

DIEGO : Souhaitons-lui le même succès et je me ferais un plaisir de l’interviewer si elle est aussi sympa que son père ! Merci Stefane pour cette interview qui restera pour moi une très belle rencontre !

STEFANE MELLINO : Merci Diego, au plaisir !

  • Remerciements : Delphine Guivy / Festival des Noctambules / Artedi Productions / Iza MELLINO
  • Photos : Alain KOENIG & Sylvie DRD pour KOALA PICTURES INC & VIEw by Vie – La Photographe Assise
  • Relecture : Jacky G.

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