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INTERVIEW #154 – CASCADEUR @ DIEGO ON THE ROCKS

INTERVIEW CASCADEUR PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

Originaire de Metz, CASCADEUR a publié son 4ème album baptisé « Revenant » le 11 mars dernier. Depuis 2008 et une mise en lumière du magazine Les Inrockuptibles, Alexandre n’a cessé d’évoluer dans sa musique et dans son personnage au visage casqué.

Lors d’un récent passage au Rocher de Palmer de Cenon, l’artiste a accepté de rencontrer Diego sous le regard photographique de Jack TORRANCE.

DIEGO : Quel bilan fais-tu de ton évolution depuis 2008 ?

CASCADEUR : Musicalement, j’ai l’impression qu’il s’est passé beaucoup de choses et que l’éclairage public dont j’ai bénéficié a été bénéfique. Je travaillais beaucoup à la maison, seul et n’avais aucune structure. Internet a explosé et l’effervescence suscitée m’a donné envie de sortir de l’Est de la France. Je n’étais pas préparé à cette « petite » reconnaissance et la combinaison que je porte « me protège » dorénavant.

A ce jour et 4 albums plus tard, je poursuis mon envie de perdurer. Ce métier est un flux humain et les scènes musicales sont très changeantes. Depuis mes débuts, les musiques urbaines ont émergé et changé la donne.

DIEGO : Pour citer « Rapaces », peut-on considérer que tu as pris ton envol ?

CASCADEUR : Oui, après avoir traversé des zones de difficultés et tenté de défendre un type de musique qui n’est plus nécessairement actuel. 

DIEGO : Justement dans ce type de musique le piano est-il ton instrument de prédilection ?

CASCADEUR : Pour moi la base c’est un travail en piano/voix. J’ai écouté beaucoup de musiques Anglo-saxones et Françaises dont POLNAREFF et CHRISTOPHE. J’aime le lyrisme lié à la mélodie. Outre le personnage, j’apprécie le côté aérien de POLNAREFF durant les 70’s. A la même époque GAINSBOURG était différent et avait une orchestration encore plus ambitieuse que celle de Michel.

CASCADEUR DOS scaled

DIEGO : Lors de la conception de l’album « Revenant », n’as-tu pas écouté Nick CAVE dont je semble percevoir une influence ?

CASCADEUR : J’ai vu un superbe documentaire tourné après le décès de son fils. J’étais plus fan des premiers albums, notamment sa façon de jongler avec les silences et les suspensions. Avant il avait une musique plus punk-rock. Pour répondre à ta question, je n’ai pas écouté Nick CAVE mais j’accepte la référence ! Tout comme PJ HARVEY qui est une fée déglinguée. Il ne faut pas toujours se fier aux apparences et CASCADEUR est bien plus abrasif qu’il en à l’air !

 

DIEGO : Dans ce nouvel album tu chantes même en Français ?

CASCADEUR : Oui, l’apparition de la langue française est nouvelle pour CASCADEUR. Dévoiler un peu plus ma personnalité et tomber l’armure.

 

DIEGO : Parle-moi du titre « La Promesse » et son clip style « Star Wars » ?

CASCADEUR : Ce titre vient de loin. Je parle de l’intime qui raconte l’histoire d’une proche qui a vécu en injectant quelques codes sonores type « western-spaghettis ». Concernant la syntaxe, c’est un titre cinématographique rempli de mots-chocs, comme une BD. « La Promesse » est l’histoire d’un membre de ma famille qui a quitté ses terres pour des raisons relativement rudes et qui a été confronté aux problématiques Françaises. Elle s’était promis de ne pas faire marche arrière suite à une disgrâce familiale. Il s’agit de ma grand-mère que j’ai bien connue. Les secrets de cette migrante Italienne se sont révélés lors de sa disparition.

Pour le clip futuriste, le but était de brouiller les codes et parasiter la chanson. Je voulais explorer des zones temporelles pour ne pas négliger nos itinéraires. 

 

DIEGO : Après avoir recyclé le cinéma tu fais un clin d’oeil à A-HA dans le clip « Les Ombres » qui rappelle « Take On Me » ?

CASCADEUR : Oui avec un noir et blanc et un clip type dessin-animé !

DIEGO :  « Respirator » est-elle la chanson COVID de l’album ?

CASCADEUR : Un titre qui a été écrit avant la pandémie ! C’est comme porter des masques, si un jour on m’avait dit que le pays entier porterait des masques, je n’y aurais pas cru !

 

DIEGO : « Wanted » pourrait-il être le prochain single ?

CASCADEUR : La voix de Stuart STAPLES est superbe. Nous avions déjà bossé ensemble sur « Crossing » et Stuart est le premier à me dire que ce titre devrait fonctionner en radio ! On ne s’oriente pas nécessairement sur cette chanson là comme futur single mais je n’ai pas toujours la main sur tous les choix de promotion. Elle fonctionne bien en concert.

 

DIEGO : En paraphrasant « Young » présent sur ton dernier album, la jeunesse doit-elle reprendre confiance en elle ? Le clip très kitch 80’s est sympa aussi… 

CASCADEUR : Je souhaitais que cette chanson résonne comme un hymne intimiste. Un morceau clé de l’album qui parait facile mais ne l’est pas tant que ça… comme un souffle. Evidemment elle s’adresse à la jeunesse qui doit avoir confiance… 

 

DIEGO : Ta musique est une invitation au voyage, comme une évasion. Qu’est-ce qui te fait planer ?

CASCADEUR : Je suis fasciné par ce que je suis incapable de faire… comme le base-jump ! Je porte la tenue mais ne pourrais pas le pratiquer ! J’ai peur dans un train fantôme alors je ne risque pas de sauter d’un avion ! La musique permet de s’autoriser l’impossible. Je prends des risques mesurés. D’ailleurs ma tenue de « cascadeur » m’handicape car je vois mal avec le casque et celle-ci reste moyennement confortable sur scène. Après elle est très visuelle. 

DIEGO : Elle est superbe ! Quels souvenirs conserves-tu de ta collaboration avec CHRISTOPHE ?

CASCADEUR : Une rencontre étonnante, comme avec un fantôme. Nous sommes restés en contact et j’espère que nos échanges lui ont plu. Il revenait à la mode et a probablement senti que je ne voulais pas profiter de ça. Un rapport simple et il m’envoyait des messages en pleine nuit… par exemple deux semaines avant sa disparition, il avait demandé à me revoir mais je ne saurai jamais pourquoi ! Mon imaginaire espère que c’était pour une collaboration dans son nouveau disque mais je n’aurai pas la réponse. Des messages énigmatiques et plusieurs rencontres alors que nous n’avons travaillé que sur le titre « Collector » paru en 2013. Comme Stuart, je suis heureux de rencontrer ce genre de personnage.

 

DIEGO : En 2014, tu as sorti « Ghost Surfer ». Etait-ce un hommage à George MELIES ?

CASCADEUR : Non. Pourtant j’aime le personnage et le cinéma des temps anciens. Comme avec CHAPLIN. A l’origine de CASCADEUR, j’avais peu de moyens et fabriquais mes vidéos avec des « bouts de ficelles ». Loin de l’opulence, il est néanmoins appréciable d’être aujourd’hui moins limité.

 

DIEGO : En début de carrière on te voyait de dos sur les pochettes, actuellement on te voit de face mais toujours casqué. Un jour tomberas-tu le masque ?

CASCADEUR : Pourquoi pas. Avec le temps, c’est l’idée de me dévoiler peu à peu. Mon casque a évolué mais il faut le porter ! Je serais peut-être prêt à me dévoiler un jour d’autant que celui-ci est de plus en plus lourd…

 

DIEGO : Quels sont tes films et séries de prédilection ?

CASCADEUR : Je viens de finir OZARK que j’ai adoré. J’ai beaucoup aimé GOMORRA car très réaliste. Les SOPRANO avec l’univers SCORSESE.  Côté films, « Les Yeux Sans Visage » de Georges FRANJU. C’est un film d’horreur de 1960 avec Pierre BRASSEUR. J’aime les frères COEN et « No Country For Old Men » que je considère comme un bijou. Pour l’anecdote, j’ai rencontré Javier BARDEN à l’époque de « Ghost Surfer » dans l’émission « Le Grand Journal » sur CANAL +. En chantant, j’étais impressionné par Javier qui était face à moi et je sentais qu’il aimait ma musique. Nous n’avons même pas eu le temps d’échanger après l’émission…

Cascadeur Diego ©JT2022 scaled

DIEGO : Javier BARDEN, l’un des meilleurs « méchants » de la saga JAMES BOND

CASCADEUR : Un mec qui a beaucoup de charme. Enfant, j’aimais aussi les films de Claude SAUTET comme « Les Choses De La Vie ». »La Chanson d’Hélène » me donne toujours des frissons. Un lien entre le cinéma et la chanson. « Il Était Une Fois en Amérique » de Sergio LEONE également !

 

DIEGO : Fier de tes origines Italiennes ! Ma dernière question : quels sont tes meilleurs concerts vécus en tant que spectateur ? Peut-être Umberto TOZZI et Eros RAMAZZOTTI pour rester dans le thème ? (rires)

 

CASCADEUR : (mort de rire) RADIOHEAD que je considère comme les BEATLES des années 90/2000. Je les ai vus sur la tournée « Kid A » à Strasbourg. ARCADE FIRE également. Une musique très énergique, comme un gigantesque circus. CHRISTOPHE que j’ai vu plusieurs fois était très drôle sur scène. POLNAREFF dont je préférais les arrangements originaux. il s’est trop Américanisé.

 

DIEGO : Merci beaucoup Alexandre pour cette interview. Belle tournée et à bientôt dans toute la France !

CASCADEUR : Merci Diego !

  • Remerciements : Le Rocher de Palmer / Eva GUEDJ / Martial BOURGON
  • Photos : Jack TORRANCE
  • Relecture : Jacky G.

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