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INTERVIEW #153 – LA JUNGLE @ DIEGO ON THE ROCKS

INTERVIEW LA JUNGLE PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

 

Matthieu et Rémi forment le groupe LA JUNGLE dont le 5ème album « Ephemeral Feast » sort le 10 juin 2022. Un an après « Fall Off The Apex », les Belges continuent de marquer les esprits des mélomanes avides de sensations fortes tant leurs shows sont empreints d’une puissance rarement égalée dans un format guitare-batterie.

A l’occasion d’un passage transpirant au Krakatoa de Mérignac, Diego a pu rencontrer le duo sous l’oeil attentionné de Christelle LESPARRE (photos incluses). La photo de couverture est signée Julien KUISTAX.

DIEGO : Comment est née LA JUNGLE ? Qu’est ce que la techno-transe-noise ?

MATTHIEU : Originaires de Mons en Belgique, nous organisions des concerts chacun de notre côté. En réunissant plusieurs associations de notre petite ville, nous nous sommes rencontrés… un guitariste qui cherche un batteur donne naissance au groupe LA JUNGLE ! C’était en 2013. Les premiers concerts datent de 2015. Pour se produire en Belgique la problématique est la même qu’en France et notre label est une connaissance avec laquelle on s’arrange entre les ventes de disques et la prestation souhaitée.

REMI : La techno-transe-noise est une étiquette qu’on nous a donnée même si elle apparait sur nos pages de réseaux sociaux.

MATTHIEU : Nous aimons le terme « transe » pour transe-genre… certains disent pop-rock, d’autres garage, math-rock… 

DIEGO : Logique pour le math-rock censé être très musical ! Vos titres sont relativement instrumentaux puis bidouillés vocalement avec de nombreux effets.

MATTHIEU : Oui mais nous ne sommes pas plus fans que ça du math-rock. Les variantes sont nombreuses.

 

DIEGO : Et musicalement vous écoutez quoi ?

LA JUNGLE : De la folk et de la disco. Notre rythmique est très influencée par la disco. Nous sommes hétéroclites exceptée la musique classique. 

 

DIEGO : Votre musique ressemble à un « boeuf géant » organisé… comme des improvisations maitrisées issues de répétitions ! Qu’en est-il ?

REMI : C’est un peu ça sur la conception. Il y a une ossature qu’on dessine pour le disque et après en concert nous laissons libre court à notre imagination. Nous n’improvisons pas nécessairement mais faisons tourner un morceau plus ou moins longuement. 

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DIEGO : Un titre comme « Hey Ha Hey Ha » est simpliste mais bigrement efficace ! Si je vous dis que LA JUNGLE est « efficace », « puissante » et « simpliste ». Qu’en pensez-vous ?

MATTHIEU : La simplicité et l’efficacité sont un peu la même chose. 

REMI : Nous ne sommes pas simples dans le sens « simplet » mais tout simplement pas de grands musiciens. Nous ne composerons pas d’album pop car nous n’avons pas nécessairement le talent requis. 

MATTHIEU : Nous n’avons pas étudié le solfège. On ne cherche pas la puissance, par contre nous sommes libres et très instinctifs. Nous jouons énormément et j’ai pour habitude de m’adapter au volume de la batterie de Rémi

 

DIEGO : Le live « Coucou Beuh » enregistré à Dour et Lyon est-il un moyen de remercier votre public après 10 années de bons et loyaux services ?

REMI : Oui c’était l’idée de remercier le public venu sur la centaine de concerts que nous avons produits sur cette tournée. La pochette présente des photos live qui renvoient beaucoup de positivité à nos morceaux. Nous sommes immédiatement à l’aise dans cette ambiance.

 

DIEGO : Avez-vous une perception particulière lors des concerts joués en scène centrale avec cette proximité ?

MATTHIEU : Nous n’aimons pas les scènes hautes. 40 à 60 centimètres maximum c’est l’idéal.

REMI : On peut jouer à même le sol. On perçoit énormément le public lorsqu’on est au ras du sol et cette proximité est incomparable avec une scène surélevée.

Sur une surface de 12 m2 sur une hauteur basse, tout est possible ! Le Krakatoa a l’avantage d’avoir une belle scène et une débauche de moyens considérables.

 

DIEGO : « ILTAPEALAIDEDOS » est monstrueux en live. Parlez-moi de ce titre ?

LA JUNGLE : Nous ne le jouons pas systématiquement tous les soirs. Tout comme « Hey Ha Hey Ha », il s’agit de titres que nous avons beaucoup interprétés durant les années passées. Un titre mélodique et speed mais il faut changer nos set-lists pour le plaisir du public et varier nos envies.

 

DIEGO : « The Boring Age » est également un titre qui dépote sévère ! Vous ne la jouez plus également ? (rires) 

LA JUNGLE : Si si ! Souvent en rappel. 

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DIEGO : Y’a t’il une alchimie physique lorsque vous jouez l’un en face de l’autre ?

LA JUNGLE : Ce n’est pas systématique car cela dépend de l’avancement de la scène. Sur une scène dos au mur, nous jouons au plus près du public mais restons côte à côte. En scène centrale, le jeu est en face à face. 

MATTHIEU : Dans mon groupe précédent, je jouais déjà au milieu de la foule. Après cela ne change pas grand chose une scène centrale ou murale, même si j’ai une préférence pour la proximité du public avec des gens de part et d’autre. 

 

DIEGO : Est-ce envisageable que LA JUNGLE compose ses prochains disques avec un instrument ou un(e) chanteur supplémentaire ?

LA JUNGLE : Nous y réfléchissons. Pour une éventuelle évolution et afin d’éviter les répétitions de genre, cela est une option que nous prévoyons. Nous avons déjà fait des collaborations et nous en ferons probablement d’autres. Nous avons un très bon souvenir du travail avec Armelle de HEIMAT sur « The Invisible Child ». Elle était avec Olivier du groupe CHEVEU. L’album qui sort en juin ne comporte pas de featuring.

 

DIEGO : Vous entretenez un rapport particulier avec votre public ?

LA JUNGLE : Nous répondons aux messages sur les réseaux sociaux. Nous animons également des mariages ou des anniversaires. Nous sommes ouverts à toutes les propositions.

 

DIEGO : L’album « Fall Of The Apex » montre t’il une société dégradée ?

MATHIEU : Oui. Ce fait est encore plus marqué par notre nouvel album « Ephemeral Feast » qui sort le 10 juin. Sans vouloir donner des leçons, nous sommes plutôt dans le constat d’une société dégradée. 

DIEGO : Nos enfants sont pessimistes alors que des quinquagénaires comme moi ne l’ont jamais été dans leur jeunesse !

MATTHIEU : En grandissant, je n’ai jamais pensé à ça ! Actuellement c’est de pire en pire, sans mettre cela sur le dos de la COVID. La morale censure tout.

REMI : Habituellement dans nos titres, il n’y a pas beaucoup de paroles. Ce nouvel album est différent car nous avons privilégié le chant.

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DIEGO : Que représentait la pochette de « Fall Of The Apex » ? (deux vaches et une épée)

LA JUNGLE : Un rocher et quelques ossements aussi ! De l’argent ! Il y a quelques rappels visuels de nos albums précédents (fruits, guillotine…) et nous laissons l’esprit des gens vagabonder sur nos images. 

 

DIEGO : Fred LABEYE a réalisé le clip de « Le Jour Du Cobra ». Est-ce un hommage au titre « In Bloom » de NIRVANA ?

MATTHIEU : Oui c’est vrai. Le côté noir et blanc associé à une émission de télé-réalité Américaine peuvent rappeler ça. Fred est un ami qui avait déjà réalisé plusieurs clips et photos pour LA JUNGLE. A la base son projet n’avait pas été retenu par le label mais lui laissant carte blanche, même jusqu’au choix des titres, nous l’avons publié.

REMI : C’est un hommage au Ed Sullivan Show plus qu’une référence à NIRVANA que nous aimons par ailleurs ! 

 

DIEGO : Autre référence ayant amené une reprise, « Avalanche » de Léonard COHEN. Comment est né ce projet ?

LA JUNGLE : La Blogothèque nous a contactés car elle souhaitait que des groupes folks reprennent du punk et inversement. Nous avions le choix du titre et sommes tombés directement d’accord sur Léonard COHEN.

MATTHIEU : J’ai découvert la musique avec Léonard COHEN et concernant cet artiste les accords sont parfois difficiles. Sur « Avalanche », j’ai trouvé une boucle qui fonctionnait pour résumer les 6 ou 7 accords de la chanson.

REMI : C’était en 2019, il s’agit d’un programme commandé par FRANCE TV et nous avons eu très peu de temps pour le préparer. A peine le temps de rentrer de tournée pour le répéter. 

LA JUNGLE : Pour une prochaine compilation, nous avons repris le titre « No Limit » de II UNLIMITED pour une oeuvre caritative. Le troisième volume d’un collectif d’une soixantaine d’artistes. 

 

DIEGO : Un titre initialement dance ! Et si vous aviez le choix des reprises ?

LA JUNGLE : Nous aimerions reprendre « Secondo Coro Delle Lavandaie » de Roberto DE SIMONE ou un titre d’Arthur RUSSELL. « Deceptacon » également du groupe LE TIGRE.

DIEGO : Hors musique, où mange t’on les meilleures frites en Belgique ?

LA JUNGLE : Une brasserie à MONS qui s’appelle LES 4 SAISONS avec une mayonnaise maison de fou. A Bruxelles, « Chez CHOUKE » place Sainte Catherine. Pas évident de trouver une bonne friterie dans la capitale…

DIEGO : Et les meilleures bières ? J’ai vu que vous en produisiez !

LA JUNGLE : On en a sorti 5 ! Avec les brasseries LA SOURCE et du BORINAGE. Sinon nos bières préférées proviennent de la brasserie de LA SENNE, « La Salamandre » de LA SOURCE, la BOWLING IPA, les MISERY BEER CO

 

DIEGO : Quels sont vos meilleurs concerts vécus en tant que spectateurs ?

MATTHIEU : La tournée du premier album de THE BRONX qui est un groupe punk Californien, les BLOCK BROTHERS, THE JESUS LIZARD.

REMI : Le batteur Chris CORSANO avec le guitariste Bill ORCUTT dans un club de New York. 

LA JUNGLE : Nos albums de prédilections seraient ceux de FUGAZI et LIGHTNING BOLT BAND. « Relationship Of Command » des Texans AT THE DRIVE-IN

 

DIEGO : Merci les gars, longue vie à votre nouvel album qui sort le 10 juin et à très vite en gironde ! 

LA JUNGLE : Merci Diego.

 

  • Remerciements : Marie et toute l’équipe du KRAKATOA
  • Photos : Christelle LESPARRE (interview) / Julien KUISTAX (pochette)
  • Relecture : Jacky G.

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