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FLASHBACK : NOIR DESIR 1993 #LIVE REPORT @DIEGO ONTHEROCKS

NOIR DESIR – PARIS LA CIGALE 18/03/1993

Tostaky” est sorti en décembre dernier et j’ai acquis mon précieux sésame (le billet) au Virgin Mégastore des Champs-Elysées en achetant ce disque qui tournera en boucle. 3 mois plus tard, c’est avec ferveur que j’assiste à l’adaptation-live d’un album puissant qui restera longtemps à mon chevet. Bon an mal an, le punk-rock des NoirS DésirS est entré au TOP 50 de 1989 avec les “Sombres Héros de l’Amer” pour obtenir une consécration méritée 4 ans plus tard tout en revendiquant une indépendance musicale marquée. En arrivant à la Cigale en cette soirée humide, je constate que le studio mobile Voyager stationne sur le trottoir… un très bon présage alors que la tournée affiche sold-out dans beaucoup de villes.

Le show commence très fort avec “La Rage”, titre datant de 1987 alors que le groupe était inconnu et arpentait la plupart des boites Bordelaises dont “Le Chat Bleu” demeure le fer de lance. Le son est énorme, brutal, reflet d’une présence scénique incroyable. Enchaînement sur “Here It Comes Slowly” puis “Ici Paris” qui met K.O. le public dès le prologue. Judicieusement placé en balcon côté “jardin”, je profite d’un visuel très favorable et mon bonheur de voir en live ce groupe que je supporte depuis 5 ans est indescriptible. Visiblement, cet engouement est partagé par Bertrand, Sergio, Denis et Fred qui donnent toutes leurs tripes sur scène afin que la prestation soit à son maximum deux mois après la première date.

Alors qu’ “Alice” chauffe les esprits, “Les Ecorchés” devient l’instant où Noir Désir atteint son apogée dans la première demi-heure. Le titre n’est jamais sorti en single et sa version live est furieusement revisitée ! Une sacrée démonstration de force avant le stromboscopique “Fleuve” et l’électrique “Tostaky“. Cette dernière déchaine Sergio dont le riff sanglant rythme une fosse pogotante… l’instant magique d’une salle bondée dont le public transpirant peut quasiment toucher les artistes du soir qui sans le savoir, ont désormais un hymne. Tout l’album va quasiment y passer avec une prédominance pour les titres énergiques comme  “Johnny Colère” qui prend une ampleur différente dans sa vigueur. Sur “It Spurts“, les deux guitaristes se rapprochent de leurs amplis afin de créer l’effet larsen que l’on entend sur disque. La cohésion est évidente alors que Denis martelle ses fûts avec une zenitude affolante (pouvant rappeler Max Weinberg) pendant que Bertrand hurle ses textes parsemés de références poétiques. Vocalement, le plus difficile sera de tenir jusqu’en septembre ! 

Flashback des deux albums précédents avec “La Chaleur” et “A l’Arrière Des Taxis”  qui me rappellent mes années bahuts (à l’arrière d’une Fuego…) puis “The Holy Economic War“, annonciateur d’un désordre financier dominé par le business. L’euphorique Sergio enchaine les accords à une vitesse faramineuse et bondit régulièrement marquant ainsi les couplets, refrains et ponts des compositions du groupe. Peu loquace (surprenant), Bertrand Cantat annonce brievement une reprise de Nick Cave avant de s’arracher les tripes sur “I Want You” des Beatles période Abbey Road. Dans les deux cas, Noir Désir s’approprie les chansons des autres avec une classe incommensurable. Les spectateurs dans la fosse sont compressés et les slams s’enchainent car quelques téméraires parviennent à monter sur scène grace aux largesses du service d’ordre. Face au public, l’engagement du groupe est total et la remise en question semble quotidienne. Le show se termine par l’excellentissime “En Route Pour La Joie” qui résume parfaitement la soirée qui vient d’être proposée aux Parisiens. Certains membres du groupe finiront portés dans l’arène, façon personnelle de remercier les fans d’un soutien sans fioriture ni média. 

Ce spectacle aura été maîtrisé d’un bout à l’autre avec quelques moments de répit (“Oublié“, “Marlène“, “Sober Song“) permettant au public de souffler en conservant une intensité pesante (“Lolita Nie En Bloc“). Les écorchés vifs repartent avec un bourdonnement aux oreilles et l’envie de revoir prochainement le groupe le plus en vogue depuis l’extinction volontaire de Téléphone. Le clope fumé boulevard Rochechouard après le concert permet de débattre avec quelques fans de l’instant vécu qui devient instantanément mémorable. A ne pas rater.

* Noir Désir publiera l’album live “Dies Irae” en 1994 retraçant l’épopée du “Tostaky Tour”.

N.B : Malgré une date de publication postérieure, le brouillon de cette chronique fut rédigée en 1993 sans partage fanzine. Quelques modifications récentes ont été apportées au contenu dans le cadre des “flashbacks” de Diego OnTheRocks qui a vu 12 fois Noir Désir et consorts en concert depuis 1993.

  • Photos : Inconnue
  • Relecture : Florence R.

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