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FLASHBACK : MICHAEL JACKSON 1992 #LIVE REPORT @DIEGO ONTHEROCKS

MICHAEL JACKSON – PARIS VINCENNES 13/09/1992

Après la sortie de “Dangerous” en fin d’année dernière, Michael Jackson attaque une nouvelle tournée (en juin) incluant deux passages en France à la rentrée scolaire, l’un à Toulouse et l’autre sur Paris. Ma place porte le numéro 31509 et malheureusement mon appréhension du show lucratif sans proximité va se confirmer malgré toutes les qualités des albums. Deux écrans géants à cristaux liquides (avec une “discrète” publicité Sony) ornent la scène monstrueuse et l’hippodrome de Vincennes est prévu pour accueillir plus de 80 000 personnes… autant dire que la grosse artillerie est sortie et qu’à 50 mètres, je dois considérer être “devant”. A tous niveaux, l’abondance est de mise, comme le fit Guns N’ Roses trois mois plus tôt au même endroit.

L’arrivée sur scène se fera sur une musique des années 30 : “Carmina Burana”  (Orff) agite les enceintes alors que des images du King Of Pop escorté par toutes les polices du monde déferlent.  “Jam” ouvre les hostilités, Michael apparait instantanément et reste immobile dans l’attente d’une rythmique. Les premiers rangs s’enflamment alors qu’en retrait, notre espace vital est sauvegardé et nous profiterons plus des écrans que d’une vue directe sur le show. Par contre la puissance sonore est belle et bien au rendez-vous et les premières chorégraphies déchirent.  “Wanna Be Startin’ Something”  puis “Human Nature” rappellent l’immense popularité de l’album “Thriller“**, plus gros succès de tous les temps. Vocalement, on est loin des perfections discographiques confirmant qu’il n’est pas facile de chanter en bougeant… Madonna l’avait prouvé au parc de Sceaux en 1987 ! 

Même si la foule hurle à toutes les pauses de Bamby, on peut réellement penser que les 4 choristes sont de bons assistants vocaux.  L’énorme “Smooth Criminal” retentit avec une danse digne du clip et sa basse slapée est incroyable, du grand art avant “I Just Can’t Stop Loving You” et le sublime “She’s Out Of My Life” de 1979. Chaque titre fait l’objet d’une mise en scène différente et lorsque Michael simule les larmes, on a envie d’y croire ! Alors que la réalisation est exceptionnelle, le manque d’intimité gâche un peu la fête. L’émotion n’est pas au rendez-vous et j’arrive à m’ennuyer sur le medley des Jacksons 5… “Thriller” ne rattrapera pas le coup et me déçoit, malheureusement le fameux rire de Vincent Price n’y changera rien !

 

 

L’heure du méga-tube arrive : “Billie Jean”. Comme le dit justement le copain que j’accompagne (et qui était au parc des Princes en juin 1988 pour la tournée “Bad“) : tu auras entendu ce titre en “live” une fois dans ta vie et vu le célèbre “moonwalk”. L’instant est mémorable. Pleins feux visuels pour le dernier hit en date “Black Or White”,  le chanteur est en chemise blanche et enflamme la pelouse Parisienne sur les riffs de Jennifer Batten qui récidive sur “Beat It“. Michael survole son public du haut d’un bras articulé pour l’un des moments forts du spectacle qui met la foule en délire (sacré solo de guitare initialement enregistré par Van Halen).

Les nombreux temps morts que l’artiste impose pour reprendre son souffle génèrent des hurlements fatigants à la limite de l’hystérie. L’humanisme de “Heal The World” ne changera pas mon sentiment général que le même spectacle dans une salle aurait été grandiose. Sur cette dernière, Jackson s’entoure de nombreux enfants et assène un message de paix fédérateur incluant un ballon géant en forme de terre. Tout est superbe mais pour en profiter sans le sponsor Sony, il fallait arriver la veille !

 

La fin du set va être surprenante avec “Man In The Mirror” que je considère comme sa plus belle oeuvre et une sortie de scène dantesque : tel un personnage de Marvel, il va survoler le public avec un jetpack dorsal ! Incroyable même si on se doute bien que ce n’est pas lui ! Autant dire que le public restera béat alors que les lumières se rallument et que le speaker annonce qu’il n’est plus parmi nous. Michael Jackson quitte la région Parisienne pour rejoindre son monde merveilleux qui fait danser les 5 continents depuis 15 ans. Cet artiste inclassable est une synthèse de toutes les musiques existantes, l’un de ses prochains shows sera diffusé en direct sur Canal + avec Philippe Manoeuvre, préparez vos VHS !

** A 10 ans, “Thriller” est le premier album (en K7) de Diego acheté en 1983.

N.B : Malgré une date de publication postérieure, le brouillon de cette chronique fut rédigée en 1992 sans publication officielle. Des modifications ont récemment été apportées dans le cadre des chroniques “FLASHBACK!” de Diego OnTheRocks. Merci à Stephane D. pour l’invitation.

 

  • Photo pochette : Inconnu
  • Relecture : Florence R.

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