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DON QUISHEPP le retour @ Franck Hercent

DON QUISHEPP le retour

DON QUISHEPP, c’est l’histoire du jazz racontée à ceux qui n’y connaissent rien en jazz mais également aux passionnés qui affectionnent les rocambolesque péripéties de ces oiseaux précurseurs de langages et dont la musique rythment l’histoire des États-Unis.

DON QUISHEPP, c’est l’épopée picaresque des Dieux du jazz qui gravitent entre eux. Au coeur de ce système séculaire qui fonda et diffusa le jazz comme le soleil dispense sa lumière après avoir éclairé les étoiles de la nuits…  on trouve, bien évidemment, les pères fondateurs de cette musique incandescente : John Coltrane , Charlie Parker, Django Reinhardt, Sidney Beychet, Charles Mingus, Bill Evans, Duke Ellington irradient tour à tour…    Bien sûr, il y a ceux que l’on ne voit pas directement -attraction et répulsion des planètes oblige- comme Miles Davis et bien d’autres mais qui apparaitraient plus facilement si un film était réalisé… Car le texte est avant tout écrit dans un style cinématographique. C’est un Bop-movie inédit !

DON QUISHEPP, c’est évidemment un cours de sociologie qui fait le procès de la société capitaliste américaine, déshumanisée, ségrégationniste et aliénant ses enfants, les promettant à coups sûrs  au futur sans avenir d’une société inique dans laquelle ces poètes que sont les jazzmen ne sont  condamnés à être libre que dans la mesure où il seront capables d’inventer des chef-d’oeuvres. D’exister par le langage salvateur ; d’être sauvé par le verbe créateur. Car – il faut le savoir – le jazz est une musique inventée en réaction à la société et à toutes les formes de domination qu’elle déploie. C’est pourquoi, on retrouve au coeur de cette narration, cet anti-héros quichottesque, ce professeur et poète qui parle notamment par les voix tutélaires d’Archie Shepp ou de John Coltrane.  C’est à dessein, car Archie Shepp incarne dans sa vie comme dans son oeuvre cette volonté de justice. Il fut professeur, côtoya John Coltrane son mentor et fonda avec lui le Free jazz. On the road, pourrait-on dire, il écrivit des suppliques comme des ballades immortelles, des chants célestes comme des poèmes manifestes.

Pendant que dans les rues

On se jette des pierres

Archie Shepp dans les nues

Jette à tout vent des vers.

Car c’est bien de poésie dont il est question.  Comme pour le Don Quichotte de Cervantès, un des livres les plus lus au monde, la poésie est le moyen le plus sûr de lutter contre la fatalité du déterminisme. L’humour étant le moteur de ce discours, il attaque comme le faisait La Fontaine, Molière, Edmond Rostand, Rimbaud ou Baudelaire tous ceux qui rendent possible cet état d’injustice : ces « fabricateurs » de fadaises qui ne sont là que pour pérenniser le système en nous abreuvant de leurs ineptes discours pollués de fausses vérités dictatoriales.… Un texte visionnaire qui prend toute sa dimension écologique eu égard à la crise sanitaire et économique que nous traversons et sa dimension sociologique si l’on se réfère au mouvement « Black live matters » et au déboulonnage de statues  en réaction au lynchage de George Floyd écrasé à Minnéapolis par le genou d’un policier alors qu’il suppliait « I can’t breathe ».

*

Le vent, c’est de l’argent !

C’est de l’or ! Mieux… de l’air !

C’est le plus exigeant 

Des arts élémentaires !

*

Il est à la fois par-

Tout et insaisissable

Tout en étant nulle part… 

– Par trop indispensable.

*

Dans cette nouvelle mise en scène, Rosemonde Cathala, est une professeure aux lunettes rondes munie d’une baguette magique. Genre Harry Potter à l’école de Poudlard. Un rien superstitieuse et pour conjurer la malédiction (réelle ou légendaire ?) que charrie dans son sillage le Quichotte de Cervantes,  rappelons-nous les mésaventures de Terry GilliamRosemonde Cathala a voulu provisoirement changer le nom en appelant le spectacle « Le cas Shepp ». En effet après avoir essuyé maints revers de situation (annulations de représentation, vol du budget du film par un escrocs de producteurs sans scrupules et son équipe, etc, etc, etc…), il fallait réagir avec humour…et souffler un bon coup : pas de Hocus Pocus donc pour conjurer le mauvais sort mais des alexandrins dans la plus pure tradition rhétorique ! Le texte semble avoir été autant écrit pour tous les archipatelins, les judas et autres imposteurs fallacieux d’hier comme pour ceux, bien pesants, bien lourds,  d’aujourd’hui… Vous en connaissez sûrement aussi ? Avec sa baguette magique, elle nous donne les formules  de l’alchimie du Verbe chère à Arthur Rimbop ou à l’Art poétique de Verlaine et narre comment les musiciens partent en quête de la pierre philosophale du jazz. Le secret ancestral étant bien d’apprendre à trouver cette écriture jazz ou « Jazz Writting », à transformer les syllabes en notes de musiques et en métaphores, c’est à dire, à changer l’air en or… “Littéralement et dans tous les sens” prévenait Arthur Rimbaud…

Ainsi le trio, emmené avec brio par Mathieu Samani au saxophone et Jean-Luc Fabre à la contrebasse amène notre anti-héros DON QUISHEPP aux portes du paradis des poètes dans lequel il est accueilli après une vie tumultueuse par ses frères de coeur qui ont lutté comme lui en vers et contre toute cette société du spectacle : il est accueilli par le père Hugo, Nietzsche, Spinoza, Rousseau…mais bien entendu par de plus contemporains souffleurs de vers comme Fabrice Luchini (le texte semble écrit pour lui), Claude Nougaro, Bernard Lubat, l’ami (pierrot) Pierre Perret, Michel Onfray, Jacques Lacan, Gérard Miller, Yan-Arthus Bertrand, Eric Orsena, etc. On pourrait en rajouter…

Le “Cas Shepp”, c’est aussi un clin d’oeil aux « psys » et autres « savanturiers » qui essayent d’analyser le génie du personnage ainsi que son idéalisme. DON QUISHEPP transcende à l’évidence la stricte biographie. C’est un personnage conceptuel qui vaut pour tout un chacun et tous ceux qui partent en quête de leur liberté contre la loi du plus fort. Avec tout ce que cela a de ridicule et de risible car, on le sait, la vertu triomphe rarement et n’attire que sarcasmes et incompréhension comme dans le Quichotte de Cervantes… Pire, “ils”, pronom sans visage, n’hésiteront pas à user de toutes les ruses et autres mensonges pour mettre son entreprise en échec… Rappelons que Freud s’en donnait “à coeur joie” et riait “comme un fou” (vocable rare sous sa plume) quand il lisait du Cervantes et qu’on retrouve des allusions à “l’immortel Don Quichotte” dans certains livres de l’inventeur de la psychanalyse. Autre exemple, à l’époque, tous les professionnels du théâtre parisien ne croyait pas une seule seconde en Cyrano de Bergerac…

Après une résidence à l’Astrada de Marciac début juillet, la compagnie de la rOse dissertera sur le “Cas Shepp” le 13 août à Batsère (65) organisé par la Coop des arts de scènes en scènes et vous demanderons si “les chaussettes d’Archie Shepp sont-elles sèches ou Archie sèches… ?” A prononcer sans modération ! “Un des plus beaux textes jamais écrits” pour Rosemonde Cathala, “Un texte indéfinissable” pour Jazz Magazine, “un véritable Art poétique” selon le philosophe et psychanalyste Yves Depelsenaire, “DON QUISHEPP est une épopée moderne avec ce qu’il lui faut d’universalité pour devenir une Ballade parfaitement swing” pour  JAZZ IN MARCIAC.

Attention réservation obligatoire pour le 13 Août : Christelle au 06.84.21.43.19

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