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FLASHBACK : R.E.M. – PARIS 1995 #LIVE REPORT @DIEGO ON THE ROCKS

R.E.M. – PARIS BERCY 3/07/1995

Le nouvel album de R.E.M. est sorti en septembre dernier et les Géorgiens entament enfin une tournée mondiale… j’attends ce moment depuis “Out Of Time” datant de 1991!  Le concert était initialement prévu le 7 mars (après un tour de chauffe Australien) mais le batteur Bill Berry victime d’une rupture d’anévrisme lors d’un concert à Lausanne 8 jours auparavant fait (involontairement!) décaler le leg Européen de quelques mois. Rétabli, il sera derrière les fûts en ce début d’été. “Monster” sonne très rock et devrait apporter une résonance particulièrement électrique aux mélodies des Américains devenus mastodonte de la maison Warner. Pour cause de report, le P.O.P.B. n’est pas sold-out. 

R.E.M. affiche tournée initiale 1995

Après une première partie insignifiante (Belly), les lumières s’éteignent, le groupe arrive et je ne sais pas encore que les deux heures à venir vont changer ma vie de mélomane. Michael Stipe se pointe avec 2 tee shirts enfilés l’un par-dessus l’autre, à ses côtés se trouvent Peter Buck et le scintillant Mike Mills (+2 musiciens additionnels) alors que le batteur sauvé récemment restera discret et en retrait toute la soirée. “I Took Your Name” ouvre le bal, le chanteur est déchaîné! 

Quelle présence, quelle prestance, quelle classe !!! Tel un Rocky Balboa ayant terrassé un lion, le frêle Michael Stipe monte sur les enceintes servant de retour, tétanise du regard les premiers rangs (où votre serviteur se trouve) et m’administre une première claque !!! Suit le récent et très efficace “What’s The Frequency Kenneth ?” qui donne le ton d’un show saturé. L’usine est en marche, quelques néons et de nombreux lampadaires décorent une scène parsemée d’écrans. “Crush with eyeliner” précède l’inédit nommé “Undertow” qui mériterait de finir sur le prochain album. Michael Stipe prend la parole : « This song is for you » et le groupe attaque un “Losing My Religion”  attendu d’un public transpirant comprenant des vacanciers anglophones heureux. La version est identique à l’album “Out Of Time” contrairement à certains titres remaniés comme le sublimissime “Drive” devenu un hit pop-rock!

 

 

Welcome To The Occupation” issu de “Document” rappelle l’engagement écologique pris par R.E.M. à la fin des années 80. Fidèle à sa réputation, le chanteur n’hésite pas à introduire et expliquer les chansons. Sur “Tongue”, une boule de discothèque géante illumine Bercy pour créer un mélange visuel et sonore du plus bel effet, l’omniprésent rouge cédant sa place au brillant. Après un nouvel inédit baptisé “Revolution”,  l’uppercut arrive : “Man On The Moon” et “Country Feedback”. La première dédiée à la vie d’Andy Kaufman (comique Américain) est grandiose. Michael fait remuer les foules avec ses « Cool !!!! » pendant le refrain alors que sont projetées des images spatiales sur les écrans. “Country Feedback” est, n’ayons pas peur des mots, ma chanson préférée de R.E.M. J’ai pris un kick en pleine tête et ne m’en suis jamais remis… chair de poule garantie! Agenouillé dos au public, toute l’attention est focalisée sur Michael alors que des images défilent sur l’écran. Cette communion passionnelle transpirant la douleur, l’amertume et la déception sentimentale donneront un instant inoubliable. S’ensuit “Half A World Away” qui conserve sa mandoline caractéristique pour remettre le public d’aplomb. Magnifique titre remémorant le son adopté par le groupe en 1991 suivi du nerveux  “Star 69″  annonçant le rappel. L’ambiance restera “Monstre” jusqu’au final.

 

Le groupe revient avec “Let Me In” joué brut. Guitare et voix bénéficient d’effets visuels et stroboscopiques pour que Bercy devienne un centre d’usinage duquel coule un métal bouillant. Ce titre devenu un hommage à Kurt Cobain est au bord de la rupture comme si R.E.M. jouait sa carrière en 4 minutes, le fait que Mike Mills utilise la guitare du chanteur de Nirvana offerte par Courtney Love à Peter Buck n’est pas anodin! Le calme revient avec le slow “Everybody Hurts” de l’album “Automatic For The People” acclamé par l’assistance mais pour ma part irritant car trop entendu sur les radios Françaises depuis deux ans. Ultime tension pour le dernier titre qui impose la fin du set : “It’s The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine)”. La diction du chant mêlée aux hurlements du chanteur égosillent la foule. R.E.M. s’en va en remerciant le public Parisien du déplacement malgré la période estivale. Je sors de ce show (très Américain) rincé en regrettant de ne pas les avoir vu à Toulon le 19 février. Comme le chroniqueur de Rock & Folk qui eut la chance de voir R.E.M. en Australie pour en faire la couverture de mars 1995, mon été s’annonce avec tous les albums du groupe revisités un à un… Michael Stipe, son regard hypnotique et son charisme, il faut le voir pour comprendre. 

N.B : Malgré une date de publication postérieure, le brouillon de cette chronique fut rédigée en 1995 sans être publiée. Quelques modifications ont récemment été apportées dans le cadre des chroniques “FLASHBACK!” de Diego OnTheRocks.

Les extraits live sont issus du DVD “Road Movie” publié en 1996 et enregistré à Atlanta en novembre 1995.

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