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DÉCÈS D’ALBERT UDERZO – UN GÉANT DE LA BD DISPARAÎT

La famille du dessinateur d’Astérix a annoncé son décès, mardi 24 mars 2020, à l’âge de 92 ans. “Albert Uderzo est mort dans son sommeil à son domicile à Neuilly d’une crise cardiaque sans lien avec le coronavirus. Il était très fatigué depuis plusieurs semaines”, a expliqué Bernard de Choisy, son gendre, à l’AFP.

 

Né en 1927 dans la Marne dans une famille d’immigrés italiens, daltonien et né avec six doigts  à chaque mains (opéré quand il était nourrisson), le petit Albert commence néanmoins à dessiner très tôt, et très bien.
Il se plonge avec délectation dans Mickey Mouse et découvre un peu plus tard le personnage de Popeye, qui restera pour lui une source d’inspiration.

C’est son frère Bruno, qui pose le premier jalon de sa future carrière de dessinateur en le présentant à la Société parisienne d’édition (SPE), qui publiait des ouvrages et des magazines pour enfants.
C’est dans cette maison, où il restera finalement un an, qu’Uderzo apprend les bases du métier : lettrage, calibrage d’un texte, retouche d’image. Il parvint aussi à placer quelques illustrations dans les pages du magazine Junior. C’est là aussi qu’il rencontre l’auteur de bande dessinées Edmond Calvo, qui l’encourage à persister dans le dessin.

En 1941, Albert se réfugie en Bretagne avec son frère. Il revient à la bande dessinée après la guerre en répondant à un appel à candidature pour un concours de bande dessinée. Il gagne le concours et voit sont album, Les Aventures de Clopinard, le Dernier des Grognards, publié en 1946. Le personnage Clopinard est un vieux grognard de l’armée napoléonienne, borgne, avec une jambe de bois à ressort, et il a avalé un baril de poudre…

La carrière d’Uderzo démarre. Il achète sa première table à dessin, qu’il conservera toute sa vie. Il collabore au magazine OK, un journal pour jeunes, puis se fait embaucher à France-Dimanche, où en tant que reporter-dessinateur, il dessine l’actualité comme par exemple l’arrestation en direct de Pierrot le Fou.

En 1950, Albert Uderzo est contacté par Yvan Chéron, patron d’une agence  belge pour faire de la bande dessinée. Il y fait la connaissance de nombreux dessinateurs et se lie d’amitié avec le scénariste Jean-Michel Charlier, qui lui propose d’illustrer de nouvelles aventures de Belloy. La série sera publiée de 1950 à 1954.

C’est aussi là qu’il va rencontrer un homme qui va changer le cours de sa vie : René Goscinny qui parlera plus tard de “de coup de foudre mutuel”. De son côté, Uderzo qualifie cette rencontre de “capitale et décisive”. Une incroyable complicité s’installe entre le scénariste et le dessinateur. Goscinny écrit ses histoires avec en tête la manière dont Uderzo les mettra en images. “Moi, c’est l’autre”, dit-t-il. Ils créent Jehan pistolet le corsaire, puis Oumpah Pah le peau-rouge.

En 1959 ils inventent un nouvel univers tout en “ix”, avec une bande d’irréductibles Armoricains.
Imaginé par René Goscinny et Albert Uderzo, l’irréductible Gaulois de le bande dessinée a fait son apparition le 29 octobre 1959 dans le premier numéro de l’hebdomadaire Pilote. Depuis six décennies et 38 aventures, la série Astérix est devenue un “lieu de mémoire” de l’identité française, s’ingéniant à parodier le mythe de “nos ancêtres les Gaulois”.

Goscinny et Uderzo – la création d’Asterix – Août 1967

Depuis 1959, les albums d’Astérix se sont écoulés à 380 millions d’exemplaires en 111 langues. Le dernier opus, La Fille de Vercingétorix, réalisé par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, est sorti en octobre 2009, pour le 60e anniversaire de la création de la bande dessinée.

Après la mort en 1977 de René Goscinny, et après 24 albums publiés ensemble, Uderzo quitte Dargaud, son éditeur historique, pour fonder sa propre maison, les éditions Albert-René, et reprend le flambeau pour huit Astérix en solo (sans compter les albums anniversaires et de récits courts).

A l’instar d’Hergé pour Tintin, Uderzo ne voulait pas de nouveaux Astérix après sa mort. Il a finalement changé d’avis. En 2011, souffrant d’un rhumatisme articulaire à la main droite, il passa le relais à des auteurs plus jeunes, tout en suivant de près leur travail, là encore couronné de succès.

Uderzo – Portrait d’auteur 1998

 

Dessinateur aussi génial que modeste, Albert Uderzo restera évidemment comme le créateur d’Astérix et Obélix mais, toujours avec la complicité de René Goscinny, il était l’auteur d’autres personnages comme “Jehan Pistolet”, le corsaire, “Oumpah-Pah”, l’Indien, “Luc Junior”, reporter ainsi que la série “Benjamin et Benjamine”.

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