Menu

INTERVIEW MANUSCRITE #48 – RENAN LUCE @ DIEGO ON THE ROCKS @ CAROLYN CARO

Chanson Française Concerts Les Interviews de MeL Rocher Palmer Webzine - Musiques en Live , , , , ,

INTERVIEW DE RENAN LUCE PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

A 39 ans, le Breton a sorti son quatrième album qu’il défendra sur les routes Françaises avec le Synfonia Pop Orchestra jusqu’à l’année prochaine. Intimiste et inspiré de son vécu, RENAN LUCE a répondu aux questions de DIEGO sous le regard photographique de CAROLYN CARO juste avant sa prestation au Pin Galant de Mérignac (33).

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Vous prenez du temps entre deux albums car le précédent datait de 2014. C’est nécessaire pour produire un disque de qualité ?
RENAN LUCE  : Y’a pas mal de facteurs pouvant expliquer cette période de latence. J’ai fait beaucoup de concerts notamment avec mon frère avec lequel cette intermittence dura 1 an et demi. Ensuite, il faut trouver les thèmes pour écrire des chansons et la vie n’a pas manqué de m’en procurer! Lorsqu’il s’agit de sentiments vifs, il faut intégrer un temps d’acceptation et prendre de la distance pour en faire quelque chose.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : A cet effet, ce disque l’instantané d’un bout de vie résumé en 40 minutes ?
RENAN LUCE  : C’est un peu ça, c’est vrai! Il s’agit de deux ou trois années de ma vie jalonnées de sentiments qui m’ont traversés. Je pense qu’on peut y sentir une évolution même si la séparation recouvre la plupart des chansons de ce disque. Je ne l’avais pas choisi mais cette tonalité s’est imposée à moi.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : D’où la sobriété du titre de l’album ?
RENAN LUCE  : Oui. C’est la raison principale. L’intime et le personnel ont donné ce titre éponyme. Je me l’étais toujours dit, c’est une fois dans sa carrière, c’est celui-là!
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Il y aura peut-être un volume 2 un jour, reste à espérer que les circonstances seront différentes! (rires)
RENAN LUCE  : C’est ça!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Comment l’idée d’intégrer un orchestre symphonique est apparue ?
RENAN LUCE  : Tôt dans le processus d’écriture. Après deux ou trois chansons composées, le fait de les créer au piano a donné des tonalités différentes. J’entendais cette place pour un orchestre très approprié à la thématique du coeur. Cela apporte de la lumière aux textes et une sonorité virevoltante. Néanmoins je souhaitais une musique qui expulse le côté sombre des sujets abordés. Cela fait écho à mes références comme la chanson orchestrale des années 60. C’est plaisant de mélanger une musique et des paroles personnelles dont j’ai beaucoup écouté le style. Ma passion vient de là! La démarche me parait cohérente.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Le musicien RENAN LUCE préfère jouer de la guitare ou du piano ?
RENAN LUCE  : Que ce soit à la guitare ou au piano, je ne me considère pas comme un instrumentiste. L’instrument m’accompagne dans le processus de création et la guitare un peu plus sur scène car je la maitrise mieux. Ce sont des outils qui permettent aux mélodies de naitre, voilà comment j’utilise l’instrument quel qu’il soit.
J’ai toujours une idée de textes avant de trouver une mélodie. Après quelques vers, la musique s’assemble dans la création.

Renan Luce – Berlin

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : La symphonie était dans le processus de création ou n’est apparue qu’après ?
RENAN LUCE  : Après! Piano/voix ou guitare/voix pour l’origine puis j’ai travaillé avec ROMAIN TROUILLET, orchestrateur de cet album. Très vite les maquettes étaient naissantes et je n’avais pas envie d’une musique trop grandiloquente. L’intimité devait être perceptible et l’orchestre n’avait pas pour but de simplement enjoliver les chansons. Avec le temps, l’orchestre a naturellement trouvé sa place.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Les versions studios et les versions live sont similaires ?
RENAN LUCE  : Oui et non. Sur scène nous prenons pas mal de liberté et les arrangements ont été retravaillés. La texture est similaire mais ça sonne différemment. Le disque a été enregistré avec une trentaine de musiciens et pour la tournée nous sommes seize. L’ampleur et l’énergie sont perceptibles en live!
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : L’album est très touchant notamment lorsqu’on a un peu d’âge car on se retrouve obligatoirement dans vos mots… « Berlin », 30 ans après la chute du mur ne serait-elle pas la plus belle composition de ce disque même si le texte est inspiré d’un voyage en famille ?
RENAN LUCE  : Oui ce titre est né après un voyage avec ma femme et ma fille alors que nous venions de nous séparer. Nous avions à coeur de garder ce noyau familial malgré la rupture. Le hasard fait qu’il est sorti 30 ans après la chute du mur. J’ai fait un parallèle entre cette ville et notre situation pour trouver des mots rassurants.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Dans votre voix on trouve également beaucoup d’influences… en fermant les yeux j’imagine HENRI SALVADOR! Que ce soit musicalement ou textuellement, il faut rendre hommage à nos contemporains ?
RENAN LUCE  : Oui, le vrai coup de foudre artistique c’est LA chanson Française et ses variétés. Le texte était au coeur de la musique tout en conservant une démarche où les arrangements sont primordiaux. BREL était un maitre et m’a fait rêver.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Il faut rester à l’écoute de « Ces Gens Là » ? (rires)
RENAN LUCE  : Exactement!
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Vous faites des reprises sur scène ?
RENAN LUCE  : J’en eus fait beaucoup. Pour cette tournée, il n’y en a pas. La set-list a vocation a être évolutive et la tournée devrait durer encore une grosse année. On espère être sur la route jusqu’à fin 2020.


DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Les chansons des autres que vous auriez aimé écrire ?
RENAN LUCE  : Difficile à dire mais je fonctionne beaucoup comme çà! J’ai mon panthéon de la chanson dont BRASSENS et TRENET sont les fers de lance. La chanson a ce côté magique, c’est un écho à vos sentiments qui vous accompagne longtemps. J’ai un « noyau » d’une centaine de titres que j’écoute depuis 30 ans. Il m’arrive d’écouter avec récurrence certains titres.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : RENAN je constate que nous avons les mêmes « tics musicaux » synonymes de passion. Vous avez également des influences étrangères ?
RENAN LUCE  : Oui bien sur. J’aime les BEATLES, les DOORS et le jazz dans le style d’ELLA FITZGERALD.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Artistiquement et après avoir connu la célébrité, est-il difficile de se maintenir à l’affiche en 2019 ?
RENAN LUCE  : C’est paradoxal mais c’est un combat qu’on ne maitrise pas! Pour perdurer il faut rester passionné et curieux. Néanmoins on se bat contre soi-même et il faut être bien entouré. Avoir des équipes fidèles est primordial et me concernant c’est un pari de tourner avec un orchestre symphonique! Le but est de bien le faire en créant un vrai spectacle.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Et financièrement parlant c’est un challenge différent d’une tournée solo en acoustique!
RENAN LUCE  : Evidemment! Nous sommes heureux de relever ce défi.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Dernière question, RENAUD va sortir un nouvel album. Vous l’avez entendu ?
RENAN LUCE  : Bien sur! Je suis ravi car j’ai composé trois mélodies pour ce disque. Je suis heureux de voir qu’il est de retour et son hommage à l’enfance est touchant.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : D’ailleurs c’est le seul artiste que j’ai vu en concert qui arrête le show au bout de trois titres pour faire venir les enfants devant la barrière afin qu’ils voient!
RENAN LUCE  : Ça ne m’étonne pas! Il est resté très proche de ce qu’il était durant sa carrière. Un enfant espiègle et c’est très agréable.
DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Merci beaucoup RENAN. Je vous souhaite beaucoup de succès dans cette tournée symphonique.
RENAN LUCE  : Merci!

Remerciements : Sophie Massit

Photos : Carolyn Caro

Chanson Française Concerts Les Interviews de MeL Rocher Palmer Webzine - Musiques en Live , , , , ,

Return to Top ▲Return to Top ▲