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INTERVIEW MANUSCRITE #47 – SKIP THE USE @ DIEGO ON THE ROCKS @ C. CARO

INTERVIEW DE SKIP THE USE PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

Le groupe SKIP THE USE a été créé dans le nord de la France en 2008 et a sorti 3 albums jusqu’en 2016. Après une courte séparation et divers projets solos, MAT BASTARD et YAN STEFANI ont décidé de retrouver le chemin des studios ensemble et de reprendre la route. Leur quatrième album « Past And Future » est sorti le 18 octobre 2019 et le duo à l’origine de la formation a accepté de répondre aux questions de DIEGO sous le regard de CAROLYN CARO. A cet effet, j’ai été très surpris par le calme ambiant que dégage ces musiciens à mille lieux de l’engagement qu’ils proposent en concert. L’interview a été réalisée le 7 novembre à quelques heures du premier d’une tournée qui durera jusqu’à fin 2020.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Salut les gars et merci d’accepter de nous rencontrer le jour du top-départ de votre nouvelle tournée!

SKIP THE USE : (MAT) : Pour fêter ça je vais ouvrir la boite de cookie qui se trouve dans la loge! Tu en veux un ?

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Ah non merci, comme tu peux le constater je surveille ma ligne… (rires) 

Côté musique, quel bilan faites-vous chacun de vos expériences en solo pour MAT et avec THE NOFACE pour YAN ?

SKIP THE USE : (YAN) : Bonne expérience car j’ai travaillé dans des conditions différentes de SKIP THE USE. En fait c’était un trip avec mon label et je voulais tout contrôler, images, mixes, l’administratif et le reste. J’ai appris beaucoup de choses concernant la production mais également sur le côté musical. D’ailleurs cela a également servi pour le nouvel album de SKIP. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : T’étais plus rock avec THE NOFACE qu’avec SKIP THE USE ?

SKIP THE USE : (YAN) C’était brut! Je voulais revenir au truc de base guitare/batterie/claviers/voix. Le concept était simple et cool!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Pour l’avoir vu sur scène je dirais également efficace! Et toi MAT ?

SKIP THE USE : (MAT) : J’ai fais beaucoup d’autres choses et ce disque était un désir de longue date. Nous composons à deux (avec YAN) et certains titres ne sont pas gardés pour SKIP THE USE. Les aimant bien, j’ai souhaité les sortir. Au delà du côté production, je n’ai pas conservé mon label car c’était trop de boulot. Cette aventure m’a permis de bosser la réalisation et la production, c’était le but. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Musicalement ça apporte quoi de  s’expatrier à Los Angeles ?

SKIP THE USE : (MAT) : C’est l’endroit où tu peux apprendre beaucoup de choses auprès de gens qui disposent d’un talent dingue. L’expérience est géniale et avec SKIP THE USE nous avons toujours eu envie de produire et réaliser entièrement notre projet. Nous sommes passés par l’Angleterre qui était une étape pour apprendre, les Etats-Unis sont une autre étape. En fait, nous avons toujours rêver de faire ce job de cette manière, c’est une chance incroyable. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : D’ailleurs dans « Past And Future », il y a une mixité de styles! Exceptée la voix, d’un titre à l’autre c’est déroutant… serait-ce la recette magique de SKIP THE USE ?

SKIP THE USE : (YAN) : Peut-être, nous n’avions aucune limite et le fait de bosser à deux nous donnait envie de pousser chaque morceaux dans son style, l’assumer et le faire à fond. Musicalement nous sommes ouverts et on a essayé de produire des choses différentes tout en conservant la touche SKIP THE USE. 

(MAT) : Sur cet album nous avons essayé de travailler sur un son, on a réussi à s’y tenir sans inventer quoique ce soit. Tu écoutes l’album « The Score » des FUGEES, plusieurs sonorités différentes ressortent… pareil pour FAITH NO MORE! En fait, on écoute beaucoup de musique, sommes contemporains et nous essayons de nous démarquer du côté « formatage ». Certains groupes déclinent un son pour en faire un album… dans SKIP THE USE les morceaux viennent sans que nous essayons de coller à tel où tel genre musical. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Et comment nait un titre de SKIP ?

SKIP THE USE : (YAN) : On a pas de solution miracle, c’est un tout. Dès qu’un truc nous touche tous les deux, c’est le point de départ.

(MAT) : Parfois cela part même d’une fréquence! On va écouter IMAGINE DRAGONS et se dire : « Comment il a mixé la basse sur le kick ? » C’est cool et c’est le point de départ d’un travail sans nécessairement écouter entièrement le morceau sus-nommé. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Côté textes, qu’est ce qui inspire SKIP THE USE ?

SKIP THE USE : (MAT) : « Past And Future » est une image du monde d’aujourd’hui. Le disque parle de couples, d’amour, de vivre ensemble, des réseaux sociaux, de politique… il y a des chansons plus légères que d’autres. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : N’y a t’il pas un côté humaniste dans vos textes ?

SKIP THE USE : (MAT) : On essaie de ne pas être démagos. Ce n’est pas notre rôle de dire aux gens : « Ce serait bien de faire ça! » Nous aimons susciter le débat et la prise de position. L’idée est de rassembler même si cela peut avoir une connotation « politique » aujourd’hui. Le but est de se poser les bonnes questions, après chacun en fait ce qu’il veut. On a la chance de pouvoir dire ce que nous voulons dans SKIP THE USE mais en aucun cas nous voulons juger. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Deux petits « nouveaux » dans SKIP THE USE, ENZO et NELSON. Que vous ont-ils apporté humainement et musicalement ?

SKIP THE USE : (YAN) : Du sang neuf! En nous réunissant avec MAT, nous devions fixer les bases d’un nouveau départ. Ils sont très motivés et travaillent comme des dingues, c’est la première fois que nous enregistrons avec les musiciens même si la composition se fait à deux sur nos ordis. ENZO a joué toutes les batteries et NELSON quasiment toutes les basses, nous passions facilement du live à l’enregistrement en studio. Cela a permis de faciliter la tache du «live » niveau préparation de tournée. Après ENZO et NELSON ont joué avec MAT sur toute sa tournée solo pendant deux ans… nous aimons avoir des proches et c’est important. Il faut être sur la route avec des gens de confiance avec qui tu te sens bien. Ils sont totalement dans l’esprit SKIP THE USE. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Après trois années séparées, vos marques ont été faciles à retrouver ?

SKIP THE USE : (MAT) : Déjà entre le moment où l’on retravaille et le moment où l’on joue, il s‘écoule du temps! La manière de faire n’a pas changé. On a la chance d’être suivi par le public car trois ans, c’est une éternité!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Après le carton de « Little Armageddon » et de sa tournée en 2014/2015, y’a la peur de la salle vide ?

SKIP THE USE : (YAN) : Oui mais ce qui est marrant c’est que les jeunes qui nous écoutaient en 2012 avec le single « Ghost » sont toujours là! Même lors de notre séparation, les gens ont transmis ce qu’ils aimaient de notre groupe et cette relation perdure. Nous avons eu la surprise de voir tout le monde chanter à notre premier concert de SKIP THE USE version 2019. La vraie envie (avant l’album) était de refaire du live ensemble.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : MAT tu tournes à quoi pour être aussi explosif sur scène ?

SKIP THE USE : (YAN) : Il a arrêté le Red Bull!!! (rires)

(MAT) : Oui c’est vrai, ça m’a pas réussi d’ailleurs… On a la chance de faire un groupe depuis 10 ans et on peut faire ce qu’on veut… musique, public. Notre projet est un rêve qui se réalise. On a pas le droit de se plaindre.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Les 14 titres du dernier album sont répétés pour le live ?

SKIP THE USE : (YAN) : Presque!

(MAT) : Y’en a deux qu’on arrive pas à jouer! 

(YAN) : Non y’en a qu’une! « Save Me » le morceau de punk! MAT n’est pas encore apte à la jouer! (rires)

(MAT) : Ah oui t’as raison. 

(YAN) : Non je déconne mais moi c’est la misère pour la jouer!!!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Vous continuez à faire des reprises ? A une époque il y avait BLUR ou RADIOHEAD!

SKIP THE USE : (MAT) : Ce soir on fait une reprise d’INDOCHINE pour faire plaisir à ENZO qui est coiffé en blond!!! (rires)

(YAN) : Bientôt nous devons enregistrer une reprise de RAGE AGAINST THE MACHINE pour un disque contre le sida. C’est « Killing In The Name ». 

(MAT) : On a aussi des reprises de BOWIE et STROMAE sous le coude… « Life On Mars » en acoustique.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Sujet totalement différent, que pensez-vous de la situation sociale en France ?

SKIP THE USE : (MAT) : Je pense que socialement nous sommes dans une situation identique aux autres pays de la planète. Les gens se rendent compte que l’immobilisme nous mènera droit dans le mur. Il y a de suite une solution « humaine » consistant à regarder ce qui se passe chez le voisin et en parallèle le populisme et l’extrémisme montent. A un moment donné, j’espère que les gens comprendront qu’il faut s’inspirer des autres qui ont probablement mieux réussi sur certains aspects. La situation sociale en France est compliquée car nous sommes individualistes. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Comme dirait une de vos chansons de 2014, « Faut être heureux » ? (rires)

SKIP THE USE : (MAT) : En tous les cas, si on est pas heureux nous-mêmes et qu’on ne fait pas ce qu’il faut pour le devenir, personne ne vous aidera. 

(YAN) : Etre heureux est une chose. C’est vrai et cela se travaille sans être aisé. Dans notre job et malgré les apparences, ils nous arrivent d’avoir le coup de blues… personnellement, je vois le bonheur en rentrant chez moi avec femme et enfants, cela donne tellement de puissance que ça compense tout!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : D’ailleurs « Etre Heureux » était l’unique chanson en Français de l’album précédent, « Du Bout Du Doigt » est la seule issue de « Past And Future ». Vous êtes constant à ce niveau ? (rires)

SKIP THE USE : (YAN) : Ouais! Pourtant on ne se pose jamais la question! Ce n’est pas calculé. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Quels sont les quelques artistes de votre jeunesse ?

SKIP THE USE :  RAGE AGAINST THE MACHINE, NOFX, NIRVANA. On aimait le rock, le death metal, le hip-hop, le punk… 

(YAN) : J’ai raté beaucoup de choses mais le métal a bien évolué, depuis peu j’écoute ARCHITECTS, un groupe Anglais des années 2000. 

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Le métal survit a toutes les décennies!

SKIP THE USE : (YAN) : Probablement parce qu’ils ont le meilleur public. HENRI DES est passé au HELLFEST cet été et a été accueilli comme un dieu! C’est incroyable… J’ai rien contre le public hip-hop mais cela ne marcherait pas dans un autre genre de festival. 

(MAT) : J’avais bossé avec BERNARD MINET et c’était dans le hardcore, un truc de ouf… je suis plus techno que métal et ces deux styles musicaux ont un point commun : la tolérance. Les plus gros trucs technos sont en Anglais et auto-produit. Je trouve ultra respectable des mecs comme PETIT BISCUIT. C’est ouvert à tout le monde et c’est ce que j’aime.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Dernière question, vous êtes du nord donc parlons foot! Supporter de Lille, Lens ou Valenciennes ?

SKIP THE USE : (MAT) : L’Olympique Lyonnais!

(YAN) : L’Olympique de Marseille!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  :  Deux belles équipes du nord!!! Merci les gars et belle tournée!

SKIP THE USE : Merci DIEGO, à bientôt. 

Remerciements : Nicolas Humbertjean (attaché de presse)

Photos : Carolyn Caro

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