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INTERVIEW MANUSCRITE #28 – LUKE @ DIEGO ON THE ROCKS @ CAROLYN

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INTERVIEW LUKE PAR DIEGO*ON*THE*ROCKS

THOMAS B. est LUKE et son 7ème album (en incluant le live) baptisé « Porcelaine » est sorti le 15 mars 2019. Il a accepté de recevoir DIEGO et CAROLYN dans les loges du CONNEXION LIVE de Toulouse alors qu’il entame une tournée Française. Merci à BLEU CITRON et VERY GROUP sans qui cette interview n’aurait pas été possible.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : THOMAS, « Pornographie » (2015) ton disque précédent était sombre et rock n’roll. Sur quelle base est née « Porcelaine » son successeur ?
LUKE : « Porcelaine » est née sur une base post-attentats. En France on a l’impression que ce qui s’est passé n’influe en rien sur l’esthétique et la forme de la musique.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : C’est ton inspiration principale ?
LUKE : Non pas du tout. Ce n’est pas mon inspiration. D’un coup j’ai eu un excès d’atmosphère mortifère et j’ai trouvé que je ne pouvais plus jouer avec ça. On ne peut pas écrire « Pornographie » post-attentats, c’est pas possible! Cela a changé ma vision des choses, tout comme ma vie personnelle. J’ai eu besoin de largesse, d’esthétique différente et d’horizontalité autant mélodique que textuelle.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Ne serait-ce pas simplement le fait de vieillir ?
LUKE : Sûrement. Mais je me suis inspiré de musique de gens qui sont beaucoup plus jeunes que moi. Cela m’a demandé un effort considérable car le rock Français devient un style de vieux, qui pue le renfermé. C’est un raisonnement local car les Anglo-Saxons sont différents et le meilleur album de rock de l’an passé est MGMT.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : La contestation est-elle toujours présente dans tes chansons ?
LUKE : Oui elle est formelle et ma transgression est esthétique. J’utilise de la dance et de la pop dans du rock. Quand BOWIE fait « Let’s dance » (1983), il y a une transgression. Pour moi la forme devient du fond.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : D’ailleurs « Danse dans la nuit » de ton dernier album sonne très « Ashes to ashes » de BOWIE ?
LUKE : Oui, c’est ma façon de le citer après sa mort alors que je composais ce titre. Tout le monde s’en fout mais c’est une manière de lui rendre hommage.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Les mélomanes ne s’en foutent pas! Dans d’autres titres comme « Porcelaine » et « La flèche », ne reviens-tu pas aux sons de ton premier album sorti en 2001 ?
LUKE : Non, je ne faisais pas dance à l’époque. Il y avait des trucs pop moins bien écrit. Il faut 20 ans pour sortir un disque comme « Porcelaine ». Parfois c’est difficile de faire de la musique, on a pas d’idée. Mais le jour où j’ai pondu « Porcelaine » j’étais content.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Que représente t’elle, la fragilité humaine ?
LUKE : Oui, démocratique aussi. On est dans un monde fragile qui peut s’écrouler a tout moment. Beaucoup parle de révolution, je ne l’ai jamais été, je suis Camusien! Ce qu’on a peut vraiment partir en sucette et nous pouvons avoir pire! Par ailleurs, dans cet univers post-attentats, les gens rockers inclus, font les gros bras. Les hommes parlent beaucoup et prennent la parole en coupant les femmes.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : On est loin d’une parité voulue affichée par nos dirigeants ?
LUKE : C’est pas la question. Les doutes et la fragilité sont une force. La beauté aussi peut-être fragile. Il faut profiter de l’instant présent. Pour revenir au disque, il parle du désir avec notamment « Flèche » et « Porcelaine ».

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Chanter en Français, c’est important ?
LUKE : Oui. Je ne sais faire que ça mais cela se fait de moins en moins. Je suis agréablement surpris de l’intérêt actuel que suscite le rap Français.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : A cause de ton asthme, es-tu restreint dans ta façon de chanter ?
LUKE : Oui. Les contraintes sont nécessaires, comme les limites. C’est à partir de ce moment là que cela devient intéressant. Je plains ceux qui sont doués en tout. Personnellement je fais ce que je peux.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : « Libre » est une chanson d’amour. La liberté n’est -elle pas l’axe essentiel de la vie ?
LUKE : Tout l’album parle d’amour! La chanson « Libre » c’est pour dire que la fidélité est une liberté. On s’amuse de l’infidélité comme d’un argument commercial de joie et de bonheur. Je n’y crois pas. On peut être libre dans des bras mais pas libre dans plein de bras!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Tout à fait! Tu as quelques chansons prémonitoires sur le merdier ambiant actuel devenu sociétal. Ton tube « Sentinelle » en fait partie ?
LUKE : C’est pas la pire! « C’est la guerre » (2015) est plus forte. Je ne fais plus de commentaire a ce sujet. Comme beaucoup j’en ai trop fait et les réseaux sociaux font du mal. Pour parler d’un sujet il faut avoir des connaissances politiques et un espace de communication dédié. Il faut du temps.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : « Dimanche de vote » est pourtant d’actualité ?
LUKE : C’est vrai mais à chaque période électorale on va se dire que c’est prémonitoire. Ecrire est un métier et on fait en sorte que cela reste d’actualité. On est plus dans la technique que dans la prémonition.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Carrément! Autre sujet, quels sont tes gouts musicaux actuels ?
LUKE : Actuellement je trouve que la scène Française est passionnante. FEU CHATTERTON, LA FEMME et CLÉA VINCENT sont formidables. Je m’incline devant la variété des styles et des recherches.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Très Electro-pop ?
LUKE : Raison pour laquelle je suis allé travailler en Angleterre. Les classements Français sont le moyen age! En Angleterre et aux Etats-Unis, les rappeurs font appel aux mecs de la pop qui utilisent des boites à rythme comme la 808 (NdA : boite à rythme de marque ROLAND). Les styles sont mélangés. Actuellement cela fait étrange d’entendre des morceaux s’ils ne sont qu’acoustiques! Pour les musiciens que nous sommes, c’est passionnant.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Nouveau disque, nouvelle tournée. C’est important de défendre ton album et de rencontrer ton public ?
LUKE : Oui mais je ne me défends pas, je ne suis pas dans un tribunal. C’est un travail, un plaisir intact, un partage.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Quels concerts t’ont scotché ?
LUKE : J’en ai vu plein mais THE HIVES, ARCADE FIRE et DJ SHADOW avec le collectif BLACKALICIOUS resteront mes préférés a ce jour.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Que doit-on craindre le plus en 2019, la bête ou l’oppression ? (NdA extrait de « La sentinelle »)
LUKE : Méfiez-vous des paroliers! C’est pas toujours la vérité…

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Référence à un autre de tes titres : « On rêve de laisser quelque chose ». Que laisseront THOMAS B et LUKE ?
LUKE : C’est difficile comme question! (rires)

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Plus facile, qu’est ce qu’on donne ?
LUKE : 20 ans de sa vie à la musique! Tous les disques à la SACEM. Maintenant c’est que du bonus!

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Y’a pas de raison que cela ne dure pas!
LUKE : Ni que ça dure! Suspense… On verra… on bosse modestement sur des dates de concerts à venir.

DIEGO*ON*THE*ROCKS  : Merci THOMAS, à bientôt.
LUKE : Merci à vous.

Remerciements : Sabrina Cohen Aiello de VERY RECORDS / Baptiste Gregoire de BLEU CITRON
Photos : Carolyn

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