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U2 – PARIS ACCORD HOTEL ARENA #LIVE REPORT @ DIEGO ON THE ROCKS

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U2 PARIS ACCORD HOTEL ARENA 08 et 09/09/2018

Le plus difficile dans la rédaction d’une chronique musicale c’est l’impartialité. J’aime U2 depuis une trentaine d’années et l’état d’esprit dans lequel j’arrive à leurs concerts est toujours identique : Excitation, motivation et impatience. En 2015, j’ai assisté aux plus beaux concerts de ma vie alors qu’en 2017 la tournée « Joshua tree » au stade de France m’avait fortement déçu (manque de proximité). En entrant dans Bercy ces 8 et 9 septembre 2018 j’ai un gros coup de coeur… l’inside screen orne la scène principale et les souvenirs reviennent immédiatement. Les concerts auxquels je vais assister seront quasiment identiques (« The Ocean » sera remplacée par « All because of you » sur Paris 2) excepté un placement gradin le premier soir et fosse le deuxième.

Contrairement au leg Américain, U2 n’attaque pas avec « Love is all we have left » (à regrets…) mais par « Blackout ». Les 4 Irlandais apparaissent furtivement et les spectateurs plongent dans l’immensité d’un écran de plus de 200m2 avec une qualité impressionnante. Rapidement, le quatuor rejoint la grande scène et conjugue titres récents (« Lights of home », « Red flag day »), tube imparable (« Beautiful day ») et premier succès (« I will follow »). Bono a retrouvé sa voix perdue à Berlin mais s’économisera durant les deux concerts, ne poussant jamais au maximum de ses possibilités. A cet effet le son est nettement meilleur en fosse qu’en gradin (côté virage), sauf avant le rappel où « City of blinding lights » et « New year’s day » seront inaudibles voir pénibles! On replonge en 2015 avec une scénographie identique sur « Iris/Cedarwood road/Sunday bloody sunday/Until the end of the world ». C’est beau mais prouve un manque d’originalité flagrant qui provoque une froideur inhabituelle dans l’enceinte Parisienne… D’ailleurs une version rythmée de l’hymne de l’album « War » de 1983 aurait été bienvenue.

Interlude sur la musique de « Batman forever » et U2 investit l’E-stage circulaire qui restera le moment fort du spectacle. Bono redevient MacPhisto (son double démoniaque) pour sublimer « Elevation » et « Vertigo ». De près, force est de constater que Larry (avec de nouvelles lunettes), Edge (jean troué/converse) et Adam (toujours kitsch) conservent leurs silhouettes juvéniles. Légère baisse de régime (« Even better than the real thing ») et explosion de joie pour un titre de 1991 jamais interprêté live : « Acrobat ». Le public exulte alors que le chanteur avait précédemment rappelé que son groupe était le meilleur de Dublin-nord! (rires) L’instant acoustique arrive…
Judicieusement, « You’re the best thing about me » est jouée différemment de la version radio multi-diffusée et fatigante. A mon goût, le dernier album est trop présent dans les setlists de cette tournée (Certes, le but d’une nouvelle tournée est d’interpréter de nouveaux morceaux…)

Bono entame une ôde à la France alors qu’Edge ajuste sa guitare pour « Summer of love ». L’instant est magique mais l’idiosyncrasie militante du chanteur va reprendre le dessus et les causes qui le mèneront (peut-être) un jour au prix nobel de la paix débutent… Les migrants mènent au féminisme (« Pride ») puis à l’Europe (« Get out of your own way ») pour des blah-blah qui harassent l’assistance. Après s’être joliment éparpillé aux 4 coins de la salle, le groupe retrouve la grande scène et réinvente « New year’s day » dans un style electro-pop déroutant. « City of blinding lights » sonne le rappel sous de superbes lumières bleutées et Bono reprend son activisme vicéral pour les mouvements (RED) et « One » contre le sida en Afrique, se substituant ainsi aux responsabilités non-assumées de nos dirigeants. La maison d’enfance du chanteur apparaît illuminée en version miniature pour le dernier moment d’intensité du show sur « 13 » (There is a light). L’ampoule géante de la tournée 2015 réapparait, Bono la lance et quitte la scène par l’endroit où il entonnait « The miracle » 3 ans plus tôt. La boucle est bouclée et le puzzle « Innocence & Experience Tour » prend toute sa logique en constituant un méga-show de 4 heures 30 sur deux tournées.

3 moments forts sont à retenir de ces concerts : L’entrée en scène, la version d’ “Acrobat ” et le superbe final. 1 point faible : l’entrain approximatif qui influe directement sur l’ambiance générale (trop de concerts en 3 ans ?). U2 est une machine de guerre musicale et une pompe à fric qui produit des concerts incroyables. Certes j’aurais préféré quelques vieilleries à certains titres récents (“American soul” non jouée!) mais le groupe mèle efficacement son histoire avec l’actualité afin que “l’innocence” devienne une “expérience” et qu’on en tire les leçons…
Et après ? Une tournée 2021 avec des trabants suspendues pour fêter les 30 ans d’ Achtung baby ? Quoiqu’il en soit, la cuvée 2015 était meilleure que celle-ci. Néanmoins, voir U2 en salle reste un privilège tant l’esthétisme est soigné. Avec plus de 40 ans d’existence, il reste le meilleur (vieux) groupe actuel en production scénique.

* Retrouvez les Live Reports de DIEGO*ON*THE*ROCKS (depuis 1990) sur son site.

** A (ré) écouter l’émission « Diego On The Rocks » le 1er mercredi du mois, de 20h à 22h sur Aquitaine Radio Live.  

*** Photos : Diego, Maxandre d’Aquitaine Radio Live et Mika

“Mon moment préféré d’un concert ? Le lendemain, lorsque je revis l’instant et rédige la chronique…”

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