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COGNAC BLUES PASSION – 25ème ÉDITION #LIVE REPORT @ DIEGO ON THE ROCKS

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COGNAC BLUES PASSION FESTIVAL 03 au 07/07/2018

Pour la 25ème édition et malgré l’orage, SANTANA et son band ont assuré un set de 2 heures sur la scène “Blues Paradise” (trop) bondée du Cognac Blues Passion en ce premier soir de festivités (la veille les concerts avaient lieu sur la commune de Jarnac).

Dès l’introduction (“Soul sacrifice”), le ton est donné et le spectateur (novice) est subjugué par la musicalité des protagonistes! Outre le maître de la guitare, ce sont ses percussionnistes (Karl Perazzo & Paoli Mejias), la batteuse (sa femme Cindy Blackman) et le claviériste (David Mathews) qui font groover les plus grands hits de Carlos. “Oye como va”, “Black magic woman” et “Maria Maria” sont très applaudis tout comme les solos des musiciens présents sur scène. “Right on” (de Marvin Gaye) et “Mona Lisa” sont exceptionnels alors que SANTANA prend le micro pour tenter de donner un cours d’Espagnol homme/femme sur cette dernière. Une déception notable : la guitare sur “Europa” est bien trop faible pour retranscrire la virtuosité originale. La musique est soul, salsa ou Caribéenne, en un mot : festive (“Corazon espinado”). “Total destruction” inclut un extrait des Rolling Stones avant le solo de batterie qui précède “Roxanne” de Police. Dans les interprétations de SANTANA, le mélomane aura reconnu de courts riffs des Beatles et des Doors. En final, le futur septuagénaire interprète “Smooth”, son tube de 1999 et quitte les planches sous un tonnerre d’applaudissements sauvant ainsi la journée introductive du CBP 2018. Un grand moment avec un guitariste lyrique hors pair.


Le lendemain, Xavier et Antoine du groupe ELECTRIC BLUES DUO de Poitiers jouent devant les curieux de l’Arty Show qui patientent pour entrer dans le jardin public. Leur musique est très représentative du festival et les reprises proposées (notamment celle d’Hendrix) sont de très bonne facture. A 20 heures c’est l’Anglo-Nigérian JACOB BANKS qui ouvre la grande scène en tenue décontractée (survêtement). Son hip-hop saucé R&B séduit (“Diddy bop”, “Part time love”) et le public est chaud pour attendre la tête d’affiche du soir : SELAH SUE. La Belge de 29 ans propose un set acoustique en trio qui sera chaleureusement accueilli par les Cognacais même si son ragga-chanté semble plus adapté sur des tempos rythmés. De “Game is on” à “This world”, la jeune maman revisite ses titres alors que son dernier effort date de 2016. “You” est dédicacée à son enfant, “Fire” permet au public de participer et “I won’t go for home” est interprétée en solo-guitare. L’artiste utilise généreusement son TC-HELICON permettant de créer des boucles et samples avec subtilité. “Raggamufin” est annoncée comme “le début de tout” alors que SELAH parait très exigente vis à vis des techniciens-plateau, certains regards en disent long sur ce bout de femme d’1,63m! “Alone” est superbe et la chanteuse quitte le public avec une reprise de Doris Day (“Que sera”) puis “This world”, plus convaincant à mon goût en version originale.


Il est 22 heures 30 ce jeudi 5 juillet 2018, PAROV STELAR entre en scène… Le DJ Autrichien qui affiche 20 ans de carrière et 12 albums au compteur va enflammer le public avec son électro-dansant qualitatif et entrainant. Marcus Fureder (son vrai nom) mixe des sons jazz et swing avec des beats envoutant relevés par la voix de Cleo Panther qui sublime le tout. Les fans sont aux anges, les curieux convaincus. 5 musiciens, 1 DJ, 1 chanteuse (+1 guest) vont ravir le COGNAC BLUES PASSION alors que l’objectif est clair : bouger. Le trinôme de cuivres est incroyable (dont 1 New Yorkais) et le visuel très adapté aux hits de l’artiste (“I need love”, “All night”, “Cuba libre”). Depuis, les Frenchies Caravan Palace et Deluxe ont repris le flambeau mais PAROV STELAR est précurseur en la matière. Résolument l’une des meilleures prestations de cette 25ème édition.

Le vendredi, le bluesman MARTIN HARLEY accompagné de la contrebassiste ALESSANDRA CECALA régalent les amateurs du genre. Défendant un nouvel opus enregistré à Nashville, le Gallois enchaine les classiques, les chansons d’amour (“Trouble”, “Blues at my window”, “Mojofix”) et joue même un request de l’assistance (“Lovely afternoon”). Alternant slide et guitare, le quadragénaire bénéficie du charme de l’Italienne et leur set d’une heure est plaisant.


Sur la scène “Blues Paradise”, l’Allemande ALICE MERTON et ses 3 musiciens vont proposer un vent de fraicheur et de jeunesse dans l’antre ensoleillée de Cognac. Elle tente de parler Français et communique entre les titres de sa pop édulcorée rappelant parfois les années 80’s (“Learn to live”). “Jealousy”, “Trouble and paradise” ou “Lash out” sont des extraits de ses EP récemment sortis. ALICE, ancienne résidente Anglaise installée aux Etats-Unis fait participer un public séduit et quitte la grande scène sous des applaudissements mérités. Un bon choix de la programmation du festival en cette fin d’après-midi.


La vedette du jour investit les planches à 22 heures 30 et un public très féminin l’attend avec ferveur (alors qu’il fut surpris se baladant dans le parc l’après-midi se prêtant aux selfies). Pendant 90 minutes, JAMES HILLER BLOUNT (dit JAMES BLUNT) va régaler ses fans en alternant classiques et nouveautés tout en conservant sa voix de ténor léger facilement reconnaissable. L’Anglais parait sympa et enchaine les blagues dans un Franglais qu’il revendique. De larges extraits de “The afterlove” sorti en 2017 (“Heartbeat”, “Someone singing alone” dédicacée à Donald Trump ou “Time of our lives” relatant son mariage) sont mêlés aux hits repris en choeur par une assistance très Anglosaxone. “Wisemen” est entrainant, “Goodbye my lover” larmoyant, “You’re beautiful” en version karaoké… JAMES BLUNT chambre Ed Sheeran qui au même moment se produit au Stade de France Parisien. Il s’invente une tournée nord-Américaine dans laquelle il serait sa première partie sur des titres composés à quatre mains, jour et nuit (humour so British!). Avant le rappel, il interprète la reprise “Ok” et fait s’asseoir le public du théatre naturel Cognacais pour partir en trombe. Retour rythmé sur “Stay the night” sur laquelle il prouve (encore) qu’il est plein d’énergie et qu’il n’a pas tout donné. L’Anglais alterne guitare et piano tout en conservant cette voix si particulière que seuls femmes et chiens peuvent imiter (dixit l’auteur avant “High”). La fin du set sera lumineuse (“1973”, “Bonfire heart”) et JAMES BLUNT quitte le public sous un tonnerre d’applaudissements. Seul titre manquant à mon goût : “No bravery” qui représente son passage de l’état militaire à celui d’artiste.


Avant d’évoquer les 2 vedettes dont j’ai pu apprécier les prestations du dernier jour, il faut relater le COGNAC BLUES PASSION “en ville”. A plusieurs points stratégiques, des scènes sont installées et de nombreux groupes venant d’horizons variés font honneur à la musique née sur le delta du Mississippi. Ainsi du “Bar Louise” à “L’Arty show” en passant par la place François 1er, le “Luciole” ou tout simplement un bout de trottoir improvisé, bon nombre d’inconnus ont partagé leur passion pour le plaisir des festivaliés et des Cognacais. Merci à tous et longue vie au festival dirigé par MICHEL ROLLAND que MUSIQUES-EN-LIVE salue chaleureusement, tout comme MARINA ORDA, communicante qui gère les médias avec un professionnalisme sans égal.

Ce samedi 7 juillet, les concerts d’ASAF AVIDAN et BETH DITTO resteront dans les annales. Le premier défend son “étude de la chute” en solo acoustique. L’Israélien à la voix atypique va transporter l’auditeur dans une dimension non visitée depuis 3 jours. ASAF souffre et ses textes transpirent un mal-être qu’il extériorise avec émotion. Les grands moments resteront “Sweet babylon” et “Different pulses” pour laquelle ASAF sort une guitare/synthé qui, mixée au PAD et à sa voix produit un résultat extraordinaire. “Ever you blues” bénéficie d’un solo de guitare réorchestré et loin de l’original. Dans le final, son tube “Reckoning song” enchantera un public fidèle qui n’a pas oublié son premier passage en terres Charentaises édition 2015. L’homme est humble, discute avec l’assistance et n’hésite pas à déguster un verre de liqueur locale en précisant que certains titres ont été composés sous l’emprise de l’alcool… Preuve de sa simplicité : les balances ont été réalisées en présence du public.

Dans un tout autre registre, l’ex-chanteuse de Gossip va cloturer mon festival d’une bien belle manière! BETH DITTO va rapidement faire comprendre aux spectateurs qu’elle a chaud en retirant ses pompes, changer de robe pour un modèle plus aéré pour finalement finir sans! Sa gaine XXL se suffira à elle même! Très charismatique et sympa, la généreuse Américaine de 37 ans va enflammer le site de son rock rythmé par une basse omniprésente. Drôle, BETH commente, interpelle le public, salue 2 jeunes filles du premier rang et pratique une auto-dérision méconnue en France. Lesbienne et fière de l’être, celle qui eut une enfance très difficile croque la vie à pleine dents et va produire un melting pot de ses chansons personnelles et de Gossip. “In and out”, les superbes “Mangled heart” et “Long distance”, “I wrote the book” ou une reprise de “Jolene” fédèrent l’assistance. Pour le rappel, BETH DITTO a beaucoup de mal a quitter les planches (“We could run”) et elle reviendra, balai en main pour nettoyer la scène!!! Du jamais vu me concernant… sa voix unique fait vibrer et sa musique est entrainante. “Fire” et “Heavy cross” seront les derniers titres d’une diva qui aura définitivement marqué son passage.

Pour ma part je quitte ce festival en souhaitant revenir l’an prochain. L’accueil, l’ambiance familiale et la programmation qualitative me correspondent. Merci à l’organisation et coup de chapeau aux bénévoles. 

* Retrouvez les Live Reports de DIEGO*ON*THE*ROCKS (depuis 1990) sur son site.

** A (ré) écouter l’émission « Diego On The Rocks » le 1er mercredi du mois, de 20h à 22h sur Aquitaine Radio Live.  

*** Photos : Denis DAROTCHECHE (SANTANA), Emma DERRIER (BETH DITTO), Diego (autres)

“Mon moment préféré d’un concert ? Le lendemain, lorsque je revis l’instant et rédige la chronique…”

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