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TOM IBARRA – ROCHER DE PALMER #LIVE REPORT @ FRANCK HERCENT

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Tom pousse

Un conte de Fa. De-ci de-là… En tout cas, loin du sol ! Oui, Tom Ibarra vise les cimes. Entreprend l’aventure des sommets. Cherche l’air pur. Et ce soir, dans le salon de musique du Rocher de palmer, il en a fait la démonstration en présentant son deuxième et dernier album « SPARKLING » (qui, comme une bulle d’air, monte inéluctablement…).

Penchons-nous sur son berceau musical afin de faire le compte de ses faits (et gestes)… Tout se passe comme si une bonne fée l’avait désigné de sa baguette et que, depuis, il suivait sa bonne étoile… qui n’est pas sans rappeler le célèbre texte de Pierre Desproges intitulé « Psy ». En effet, tout gamin déjà, Tom émettait des signes alarmants d’anormalité : Dès l’âge de 6 ans, sous la houlette de son grand père « Menou », il s’intéresse au blues et au jazz puis monte sur scène à 8 ans, et fait ses premières compositions à 11 ans plutôt que d’ânonner les « tubes » qui se répètent en boucle dans les cours d’écoles.

Ado, il aime le funk et le jazz fusion ; il étudie les maîtres ; joue Miles Davis, Herbie Hancock, Steeve Ray Vaughan, Mike Stern, Pat Methény ou BB King sur le bout des doigts. Autodidacte (« de ceux qui lisent la musique avec le coeur » comme le disait poétiquement Didier Lockwood), il suit les cours du CMDL et y apprend l’harmonie. Après avoir déjà croisé le manche avec Richard Bona en Californie, Sylvain Luc ou Didier Lockwood en festival, il fut le héros d’une soirée mémorable au Saint-Emilion Jazz Festival avec Monsieur Marcus Miller himself :

 

Les deux jazztéroïdes

Qu’étaient Marcus et Tom

Lancés comme des bolides

Fusionnèrent comme personne.

 

Devant un parterre chauffé à blanc par le légendaire compositeur de « Tutu », il était arrivé du haut de ses 17 ans et avait conclu le concert avec une aisance, un charisme et un brio qui avaient bluffé tout le monde. Plein d’empathie, on sentait l’émotion parcourir le public qui partageait cette fierté de voir la jeune pousse bordelaise accompagner l’indéracinable mythe américain. Et qui ne cessait de croître à une vitesse fulgurante. Déjà lors du tremplin Action Jazz, l’année précédente, il semblait une flamme dans l’obscurité d’un désert de décibels. On partagea son ascension et son mérite. C’est ça le jazz !

 

Dans l’espace il plana

Seul, de sa propre plume,

Au niveau des novas

Au plus loin du bitume.

 

Ce soir, au Rocher de Palmer, ce fut du même tonneau : du grand cru… Aisance, assurance, maturité musicale. Et prise de risque. Sans filet. Même désir de prendre le tempo par les cordes. Même pas un thème de départ connu pour lancer l’improvisation. « Ce soir, il n’y aura pas de reprise ! » lanca-t-il déterminé pour nous faire découvrir ses nouvelles compositions entourées des non moins talentueux Auxane Cartigny aux claviers-piano, Antoine Vidal à la basse, de l’excellent Jeff Mercadié au saxophone et Pierre Lucbert à la batterie avec qui il a déjà mis le feu au lac lors de leur passage à Marciac et sur la place de l’hôtel de ville en 2017.

Le quintet a donc proposé les titres de leur dernier opus « SPARKLING » avec le remarquable morceau « Slap » (où il y en a peu d’ailleurs) avec un final en dialogues virtuoses sax/guitare tout en intensité et accelerando ; « Aurore », un arpège apaisé ;  « Colors », à la croisée des styles ; un passage par « Eucalyptus » et une bouffée d’ « Hallucinations » ; le pétillant et désaltérant « Sparkling » ou encore « Green Monkey » tout en acrobaties sur le solo final… etc. Mais toujours un groove, des ruptures rythmiques, des soli impeccables dans l’inspiration desquels on sent bien l’envie d’atteindre l’air et la lumière de la canopée – loin du sol de la jungle. Comme dans les contes, le jazz a ce pouvoir qui nous permettre de faire le “double trajet” entre le monde extérieur et le monde intérieur, entre le réel et l’imaginaire.

Ils sont beaux, ils sont bons ; ils sont jeunes, ils sont jazz. Et on l’aura compris, ils taquinent les Muses. Ils vont continuer ainsi leurs chevauchées tout en murmurant à l’oreille du tempo. Leur planning de tournée est chargé. Tom participe à mon prochain film documentaire intitulé « Free » sur l’histoire du jazz et sa poésie. Le groupe sera à Paris, à Nice, à Oloron-Sainte-Marie, à Andernos, à Saint-Emilion, et, cerise sur le tempo, fera la 1° partie du concert de Marcus Miller à Stuttgart le 17 juillet. Ce soir, ils dédicaçaient leur album et on attendait leurs autographes… La route est longue et ce n’est que le début de l’aventure. Mais mon petit doigt me dit que ça va continuer ! Un conte de Fa… Si, La, Sol, Fa, Mi, Ré, Do.

 

Franck Hercent

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