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INTERVIEW DE ROD ANTON – ALBUM “UBATUBA” @ SAMUEL PAILLÉ

Les Interviews de MeL Webzine - Musiques en Live ,

Le 2 Juin dernier, Rod Anton sortait son nouvel album “Ubatuba” disponible sur le net, en CD et pour la première fois en vinyle. L’équipe Musiques en Live a eu le plaisir de lui poser quelques questions sur ce dernier opus, son ressenti sur le projet, ainsi que des souvenirs marquants de ce travail.

Nous vous laissons découvrir ses réponses, bonne lecture !

– Quelles ont été tes influences sur ce dernier projet d’album ?

Nous sommes partis sur un album orienté début 80s au niveau des sons choisis. Je suis un gros fan de cette période, l’influence Sly & Robbie et Roots Radics au niveau des instrus et au niveau du chant Ini Kamoze, Gregory Isaacs, Black Uhuru…On a voulu faire une musique un peu plus dansante, très Roots Rockers…évidemment on a gardé une touche de modernité sur la façon de mixer, dans les arrangements ou au niveau de certains sons utilisés. Divine Splendor avec Marcus Gad est un morceau plus méditatif, très influencé par le son des îles vierges et la musique de Midnite, False Preacher sonne plus « Wailers ». Au niveau du chant, c’est pareil, sur la plupart des morceaux j’ai visé des refrains un peu plus entêtants, plus marquées, très influencées par les musiques Brésiliennes. On est loin du trio vocal hyper roots de Reasonin’ ou des arrangements hyper léchés de Wevolution. Là on a un Reggae plus épuré, avec des influences Rub a Dub et des sons digitaux…c’est clairement autre chose.

– Et d’ailleurs pourquoi « Ubatuba » ? Peux-tu nous expliquer ce titre et ce que ça évoque pour toi ?

Ubatuba est le nom d’une ville du littoral nord de l’état de São Paulo, au Brésil. Elle est située sur le tropique du capricorne, c’est une ville côtière qui s’étend sur 80 km, comprenant plus d’une centaine de plages. C’est un endroit que j’ai découvert lors de mon premier voyage au Brésil lors d’une tournée en 2013 et dont je suis tombé complètement amoureux, situé entre forêt vierge et mer turquoise. La nature y est luxuriante, c’est une région relativement préservée malgré le tourisme puisque c’est le seul endroit au Brésil où la forêt vierge atlantique rejoint l’océan. Sa nature, ses cascades, ses plages m’ont vraiment fasciné, c’est d’une beauté rare, un environnement mystique et très spirituel, le parfait endroit pour se ressourcer. En plus j’y ai rencontré des amis, des gens entiers et adorables…C’est pourquoi j’avais envie de rendre hommage à cet endroit au travers de cet album.

– Y a-t-il encore une collaboration avec The Ligerians sur cet album ?

Oui et non. C’est Gabriel Bouillon, guitariste des Ligerians, qui a produit cet album sur son label SoulNurse Records. Il a tout composé, enregistré et mixé seul, à l’exception des batteries et des tambours Nyabinghy qu’il a fait rejouer par François et Bongo Ben, respectivement batteur et percussionniste des Ligerians. Il ne s’agit donc plus d’un travail de groupe, comme c’était un peu plus le cas sur les albums précédents. Néanmoins, The Ligerians sont toujours les musiciens qui m’accompagnent sur scène. Nous avons réarrangé ensemble les morceaux pour les adapter au live, retourner avec eux sur la route après cette période de travail en studio va être vraiment cool.

– Comment se sont déroulés les featurings de cet album ? As-tu des anecdotes à nous raconter ?

Je suis vraiment très content d’avoir pu travailler avec tous ces artistes. Leurs participations donnent une dimension internationale à l’album. Pour moi, qui suis un grand voyageur, je ne pouvais rêver mieux. Du fait de l’éloignement, il a parfois fallu travailler à distance. Mais tout s’est bien passé et je suis très satisfait du résultat. On est sorti des schémas et structures des featurings classiques ou chacun fait sa partie et c’est réglé. Là, on a de vrais duos. Sur le morceau avec Cedric Myton c’est même moi qui, pour une fois, ai pris toutes les voix en falsetto (très aiguës) alors que Cedric chante en pleine voix. C’était un exercice très agréable et le résultat est bien efficace. Pour le morceau Be Wise avec Junior Dread, nous avons tourné le clip au Brésil. Junior m’a emmené avec lui dans les favelas de São Paulo, c’était une expérience inoubliable, la gentillesse des gens, leur sourire malgré les conditions dans lesquelles ils vivent, leur amour pour la musique, c’était magique.

– Est-ce que nous aurons le plaisir d’avoir une version Dub de cet album dans un futur proche ? Comme pour l’album Reasonin’

Ce n’est pas au programme pour l’instant. Babs, notre « dubbeur » attitré, qui avait remixé l’album « Reasonin’ » pour sa version « Reasonin’ in Dub », est actuellement très occupé par d’autres projets et de notre côté nous nous concentrons pour l’instant sur la tournée. Mais rien n’est impossible. Si ça doit se faire un jour, ça viendra.

– Il y a une vraie évolution entre l’album Wevolution et Ubatuba, qu’est-ce que tu peux nous dire à ce sujet ?

Ce sont des albums très différents. Sur Ubatuba nous n’avons pas du tout créé les morceaux de la même manière que précédemment. Ce n’est plus un travail de groupe mais le fruit d’un travail commun entre Gabriel (compositeur) et moi-même (auteur). C’est donc un album plus personnel… Ma façon d’écrire a, elle-aussi, évolué. J’ai ouvert la porte à de nouvelles structures pour mes textes, j’ai essayé de nouvelles choses.

– Où cet album a été enregistré ?

La musique a été enregistrée au studio SoulNurse, chez Gabriel, ainsi que la majorité des voix. Les voix des artistes invités ont été enregistrées entre la Jamaïque, la Nouvelle-Calédonie, le Brésil et le Portugal, c’est pourquoi on peut vraiment parler d’album international

– Les textes de ce dernier album sont de toi ? Comment s’opère ce travail avec tes musiciens ?

Oui, c’est moi qui ai écrit tous mes textes sur cet album. Les invités ont évidemment également écrit leurs parties. Pour les sessions de création, nous n’avons pas de protocole particulier. Parfois c’est Gabriel qui m’envoie un riddim qu’il vient de composer et sur lequel je vais trouver un chant. D’autres fois, c’est moi qui arrive au studio avec un texte et une mélodie que j’entends tourner sur deux/trois accords et à partir de ça il crée l’instru…ensuite nous enregistrons et arrangeons les morceaux ensemble. C’est très agréable de pouvoir travailler avec une telle liberté.

– Il y a sûrement un ou plusieurs morceaux qui te tiennent à cœur sur ce dernier album Ubatuba, peux-tu nous en parler ?

Eternal Bliss est un morceau que j’adore vraiment. L’instru m’a transporté dès la première écoute. La ligne de basse est monstrueuse, c’est vraiment le Reggae que j’aime, celui qui te pousse vers une sorte de trans. Pour ce qui est du texte, on est sur quelque chose d’assez personnel. Je m’adresse à la vie comme si je parlais à une femme, c’est quelque chose de très profond, très introspectif. Quand j’entends le titre Ubatuba, en fermant les yeux, je pars direct là-bas au Brésil, au pied des cascades. Vraiment, j’aime beaucoup tous les morceaux de cet album, aussi bien les collaborations que les morceaux sur lesquels je chante seul…chacun d’entre eux a quelque chose de spécial pour moi…

– D’ailleurs il y a toujours une symbolique sur chacun de tes albums, une thématique forte, qui sont dues à tes origines ou/et à ton parcours ?

Je ne sais pas si on peut parler de thématique car il y a toujours des morceaux qui sortent du lot mais oui, évidemment, il y a des sujets qui me tiennent vraiment à cœur et qui reviennent donc de façon récurrente comme l’écologie et la protection de l’environnement. J’aimerais pouvoir chanter sur autre chose, malheureusement la situation fait que l’on se doit plus que jamais de tenter d’éveiller la conscience collective des auditeurs à ce sujet afin qu’on réussisse à prendre tous ensemble un tournant décisif et que l’on évite le mur. Ce nouvel album est aussi une ode à l’amour: l’amour de soi, l’amour des autres, l’amour de la nature qui nous entoure, un amour universel. Sans cet amour, nous sommes perdus, alors laissons-le s’exprimer!!!

– Cet album est d’ailleurs assez tourné vers le Brésil et ce qui s’y passe, c’est un lien particulier pour toi ?

Je me suis toujours senti attiré par ce pays et sa culture. Le portugais est ma langue maternelle, mes deux parents sont portugais, c’est donc une langue dont je suis très proche. Déjà ado, j’adorais écouter de la bossa nova, de la samba. Je pense que le fait de partager la même langue me rapproche de cette culture. Je me suis rendu au Brésil trois fois ces quatre dernières années. J’y ai des amis et donc chaque fois de nouvelles raisons d’y retourner à nouveau.

– C’est la première fois que tu chantes en portugais dans un de tes albums il me semble, pourquoi as-tu choisi de le faire uniquement sur ce dernier album ?

Je n’ai pas vraiment attendu cet album pour chanter en portugais, j’avais déjà utilisé cette langue sur des couplets de certaines chansons de mes premiers albums (Queen a di Dancefloor, Xingu People) mais jamais de morceau entier. J’ai toujours aimé l’Anglais sur le Reggae, ça sonne vraiment bien, c’est la langue la plus comprise au niveau mondial, c’est pour cela que je me suis toujours concentré d’avantage dessus pour ma musique. Mais le portugais reste ma langue de cœur et puis pour décrire ce que je ressentais là-bas, plongé au milieu de la nature, le portugais est venu tout naturellement.

– La pochette de l’album est une nouvelle fois signée par Christophe Deleau, comment s’est fait cette rencontre avec cet artiste ?

C’est Wallace, mon manager de l’époque, qui nous a connectés lorsque nous travaillions sur notre premier album « Reasonin’ ». Il avait déjà travaillé avec lui sur des affiches de festival. C’est un plaisir de travailler avec Snooze (surnom de Christophe). Il arrive très bien à retranscrire mes idées et a un style très efficace. Il est doué, réactif et d’un soutien sans faille. Je suis très reconnaissant que nos chemins se soient croisés.

Merci à toi Rod, au nom de toute l’équipe nous te souhaitons le meilleur à venir pour cet album et cette tournée Ubatuba !

Samuel Paillé, pour Musiques en Live

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