Menu

FESTIVAL PAPILLONS DE NUIT – NORMANDIE #LIVE REPORT @ MICHAEL RAGUENEZ

Reports Concerts Webzine - Musiques en Live ,

2 juin 2017

@ Crédit photos Delphine Leplatois: Retrouvez le reportage photos de Delphine pour Musiques en Live via le ici. Pour suivre son actualité, bienvenue sur sa page Facebook Delphine Leplatois Photographie

Suivre la journée 2 – Suivre la journée 3

Festival des Papillons de Nuit 2017…
Créé depuis 2001, nous assistons à la première journée de cette 17ème édition, apparemment placée sous le signe de l’éclectisme, sous un ciel changeant, mi gris mi soleil…
Dès notre arrivée sur le site, on sent comme un air d’été, comme un air de fête… ça démarre tranquillement, les festivaliers marchent vers l’entrée principale, un verre de bière à la main pour certains, vêtus de costumes de diablotins pour d’autres… d’un pas détendu, mais décidé, pour la plupart. Ca y est. On y est. Direction la petite scène, en haut du site : ce n’est pas une légende, on comprend pourquoi au bout de 3 jours, on en aura plein les jambes… Après avoir franchi une petite pente poussiéreuse, la scène s’offre à nous. Tout autour, des festivaliers qui rigolent, qui dansent, qui jactent. Tout autour des stands de restauration, des buvettes, de merchandising, des banques (le système Pay & Play est vraiment bien pratique, efficace, fiable et rapide)…

19h30, la scène Erebia s’illumine, des spots bleutés et violacés balayent la scène, ambiance tamisée et chaude en vue !!! ALOHA ORCHESTRA ouvre les hostilités. Quelques dizaines de personnes s’approchent de la scène, prêtes à en prendre pour leur grade.

ALOHA ORCHESTRA, c’est 5 gaillards venus des contrées havraises qui nous proposent une synth pop acidulée, avec des relans de rythmiques rock et des envolées de claviers et de guitare à la Métronomy. Ici, le band alterne la pop, l’électro, et la new wave avec malice : les zikos passent d’un instru à l’autre naturellement. Les mélodies sont chaudes, les voix haut perchées…

Le public reste timide, mais en profite bien… Pas simple de faire l’ouverture d’un tel Festival ! Mais c’est bel et bien parti : les groupes de festivaliersarrivent par paquets, les buvettes commencent à tourner, et c’est un signe, le soleil qui se fait une place… En définitive, c’est une bien belle prestation que nous aura offert le quintet normand, nous offrant une entrée dans le vif du sujet de trois jours prometteurs.

Allez, on crapahute un chouia, il s’agit de descendre sur l’espace central du site, direction la scène Vulcain, celle qui accueille les principales têtes d’affiche.
Sur le chemin, des pikachus humains, des familles avec poussettes, des jeunes qui s’approchent par paquets, prêts à profiter du concert à venir, en mode ska rock reggae. Là, on s’amuse de constater qu’une Tour Eiffel construite au trentième (trente mètres de hauteur c’est pas rien) est positionnée au milieu de la foule qui se densifie au fur et à mesure.

Tout d’un coup, quatre british apparaissent sur la scène : THE SKINTS entrent dans la partie. Issus de la scène ska punk londonienne en 2005, le groupe est composé d’un batteur chevelu, véritable métronome vivant, d’un bassiste reconnaissable entre mille à lunettes de soleil et au bouc imposant, d’une chanteuse métisse à la voix enchanteresse, qui officie de plus aux claviers, et d’un guitariste chanteur au look à la Joe Strummer des Clash. THE SKINTS nous offre ici un ska rock des quartiers populaires de la capitale britannique, sur fond de rythmes bien carrés et de mélodies entraînantes.

 

 

Pas de doute, le public adhère : ça chante, ça danse, ça applaudit… Même le petit crachin qui vient de pointer le bout de son nez ne dérange personne. Au contraire, on en redemande ! Le groupe est chaud, il communique avec son public, pour le coup conquis : c’est vrai que c’est malin en plus de reprendre à leur sauce des standards d’Amy Winehouse.

Ce groupe vaut le détour : il s’en dégage une véritable énergie, sincère et pure, c’est du très haut niveau qu’on nous propose, et notre Joe Strummer du jour nous crédite d’un sacré jeu de scène et se fait plaisir à placer des parties chantées de ragga, sur fond de rythmiques plus punks appuyé par le binôme basse – batterie. En bref, le band nous aura ravit et nous aura mis clairement en appétit !

 

Allez on fait une pause, en attendant la suite, à savoir les déjantés de DELUXE. Direction l’une des buvettes, c’est qu’il s’agit de se rafraîchir et de profiter aussi de la bonne humeur qui règne sur le site. Alors on sirote un demi de cervoise, pas locale hein, mais c’est pas grave c’est très appréciable…
Sur la grande scène, les techniciens s’activent : on démonte le matos des SKINTS, et on monte en un temps record celui de DELUXE, éclairages compris. Posés en hauteur (la Normandie est très vallonnée), on jette un œil en contrebas, et l’on se rend compte que le nombre de festivaliers a au moins triplé…

Allez les 6 compères de DELUXE entrent sur scène, fidèles à leur délire habituel : costumes à paillettes d’apparat, entre rouge et jaune à paillette pétant… Tous se distinguent en portant la fameuse ‘stache, symbole visuel du groupe et véritable art de vivre.
DELUXE rassemble alors une foule dense et joyeuse et envoie son groove cuivré et disco rock, avec des teintes funky. Ici aussi, la section rythmique basse batterie est parfaite, c’est technique ! Le clavier habille l’ensemble, la guitare appuie les rafales chaudes et douces de la chanteuse, et les percussions sont également de la partie. La chanteuse, avec son timbre suave à la Selah Sue, est en train de conquérir le public : qui plus est, elle arpente la scène de droite à gauche, et capte le regard de chacun ! Les zikos eux sont bien en place, et au fil du set, viendront aussi poser un jeu de scène plus animé et dynamique.
Les titres s’enchaînent, et c’est un signe, le public donne de la voix : « oooouuuuhhhh… yyyeeeeaaaahhhh… », on a affaire à un véritable groupe de festival, qui nous donne envie comme le band le serine avec bonne humeur de « revenir moustachus ».
Au final, belle prestation ici aussi, qui commence à nous ouvrir l’appétit : on retiendra l’accroche sincère du public, qui pour le coup aura bien bougé pendant une heure, et la prestation très juste de la chanteuse, le jeu bien roots du bassiste. C’était un groupe à capter, c’est chose faite !

Comme des gamins on n’attend pas la fin du set de DELUXE : paraît-il que sur la scène Erebia des phénomènes new-yorkais vont se produire pour notre plus grand plaisir, à la tombée de la nuit… alors on remonte tranquillement, il y a moins de monde par là, mais c’est tant mieux car on arrive juste pour le début du concert de THE MYSTERY LIGHTS, un quintet digne des meilleures formations du rock des années 70
Le groupe est composé d’un chanteur guitariste, leader charismatique aux faux airs d’Alvin Lee (sa guitare demi-caisse rouge et son visage anguleux y sont peut-être pour quelque chose), d’un guitariste solo au visage d’adolescent chevelu, d’un bassiste géant ténébreux, d’un batteur en retrait mais archi-présent, et d’un claviers au look à la David Gilmour qui remet les orgues Farfisa au goût du jour…
Très vite THE MYSTERY LIGHTS envoie du steack : on entre alors dans un univers caractérisé par des sons garage à la Velvet Underground, sur fond d’influences psychédéliques, progressives, surf rock, et même punk, comme si les Dead Kennedys nous offraient un set de leurs débuts. La claque musicale de la soirée c’est maintenant !!!
DELUXE a rangé le couvert, le public arrive en masse… et il est chaud le public… il est près de 23h, la pluie a refait son apparition, mais ce n’est toujours pas un souci, certains revêtent leur parka, d’autres dansent comme des marionnettes démantibulées recouverts de sacs poubelles de fortune… Il y en a même qui cherchent le pogo, même si le registre revival du groupe ne s’y prête pas toujours…
Pas de doute, on a assisté à une bien belle prestation, certainement la découverte de la soirée ! Les Papillons de Nuit savent ravir les festivaliers amateurs de sons bien rock, ils l’avaient déjà fait en 2014 avec les hollandais de Birth of Joy…
Après une heure de set, on repart avec un sourire jusqu’aux oreilles, et surtout plein de sons et d’images de ce groupe fougueux plein la tête. Une vraie tuerie musicale !

Sur la grande scène, une foule immense s’est rassemblée : l’Afro Trapeur MHD enchaîne les tubes qui font le mouv’, pour le plus grand plaisir d’un public rajeuni pour l’occasion…

C’est impressionnant : la foule est compacte, et reprend à l’unisson le phrasé hâché du banlieusard parisien amateur de pizzas et de foot… Quand on vous disait que le festival était placé sous le signe de l’éclectisme…

Clou du spectacle, MHD, sur de lui et avec l’envie de combler un public acquis à sa cause, fait monter sur scène une jeune festivalière qu’il convaincra de danser au son de « Fais le mouv’ fais le mouv’ »… Gênée mais courageuse, devant des milliers de personne, cette dernière jouera le jeu. Le public est déchaîné !

 

Allez, on a bien mérité une pause… On repart au point presse, histoire de faire le point sur la soirée et de se réchauffer un peu : les terres normandes, passé 23h30 sont un peu humides… Sans traîner, on redescend sur le site, en passant par les zones dédiées aux bénévoles. La nuit est complètement tombée, la Tour Eiffel s’est illuminée, et surtout une foule encore plus immense attend, impatiente, certainement la tête d’affiche de la soirée.

Les brestois de MATMATAH font leur entrée sur scène, ovationnés comme il se doit : ça faisait 16 ans qu’ils n’avaient pas mis les pieds ici, alors le public est ravi !

Et oui, après 8 années de séparation, MATMATAH fait son grand retour, album à l’appui. Et ce sont leurs derniers titres qui sont à l’honneur, le son est toujours engagé, avec des guitares à la fois saturées et précises, et une section rythmique des plus métronomiques… Avec sa voix nasillarde à la Claude François, le chanteur du band alpague le public et l’invite à bouger, danser, pogotter… Ca y est les titres mythiques du groupe sont au programme : Emma, Lambé, l’Apologie… Les meilleurs trésors de nos amis bretons ont le don de faire chanter toute la foule, quadragénaires comme plus jeunes…
MATMATAH a rempli le deal : le public l’attendait, ils ont su se rappeler à son bon souvenir… pour autant, on se dit que le son des rockers finistériens a un peu vieilli…

L’ambiance est de plus en plus survoltée : la bière coule à flots, des groupes se retrouvent aux stands de restauration.
Avant le concert à suivre de Marvin JOUNO, repéré sur la scène rennaise et briochine, on file casser la croûte. Sous chapiteau, d’immenses tablées bondées… et aussi des rigolos, qui s’amusent à une dizaine à faire une mêlée improvisée de rugby… jusqu’à en tomber par terre, parfois même contre les comptoirs de bar, c’est assez drôle à voir…
MARVIN JOUNO déboule sur la scène Eberia, et nous propose avec ses quatre compères sa pop alternative et éraillée, sur fond d’univers cinématographiques et poétiques.

Fils spirituel d’Etienne Daho et de Benjamin Biolay sa prestation semble plus affirmée, le naturel est présent, la rythmique et l’énergie sont plus manifestes qu’il y a quelques mois… Sa pop wave nous ferait presque oublier qu’on est amateurs de sons bien plus rock, reggae voire électro !

1h du matin…
Le point presse ferme ses portes, il faut vite récupérer notre matériel, pour pouvoir libérer nos casiers… Et remettre le couvert le lendemain…
On n’aura pas pu assister aux derniers concerts de la soirée, entre ALLTTA (electro hip-hop), ROCKY (electro pop), et GRAMMATIK (beatmaker hip hop), mais qu’à cela ne tienne, on en aura profité pour recharger les batteries…
En définitive, c’était une bien belle première soirée passée pour cette 17ème édition du festival les Papillons de Nuit.

@ Michael Raguenez, animateur de l’émission rock sur Radio Laser « Des Riffs du Kiff ». Pour écouter les Podcasts de l’émission vous pouvez vous abonner à sa page Facebook Des Riffs Du Kiff 

Suivre la journée 2 – Suivre la journée 3

 

Reports Concerts Webzine - Musiques en Live ,

Return to Top ▲Return to Top ▲