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GREEN LANTERN/GREEN ARROW – CHRONIQUE BD @ ALAIN SALLES

Chroniques BD Webzine - Musiques en Live

Green Lantern/Green Arrow par Dennis O’Neil et Neal Adams chez Urban comics

Publiés de 1970 à 1972 aux Etats-Unis, cette série d’épisodes qui associa deux héros de DC comics, est aujourd’hui considérée comme une oeuvre majeure dans l’histoire de la bande dessinée américaine.

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Green Lantern, tout comme Green Arrow, ne suscitait plus grand enthousiasme au sein du lectorat. DC était devenue une firme prudente, et les héros se contentaient d’attraper des vilains, super ou non. Mais l’air du temps, la remise en cause de valeurs morales et les mouvements sociaux de l’époque, semblent bien être à l’origine de cette brèche dans la monotonie ronronnante des super-héros, par l’intermédiaire de deux auteurs devenus célèbres : Dennis O’Neil et Neal Adams ! Dès le départ, c’est la réalité sociale qui explose au visage d’un Green Lantern aveuglé par sa foi dans un système qu’il voit comme juste et vertueux, lui-même étant affilié à un corps d’élite interplanétaire (la Justice League of America, ceci rejoignant cela).

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L’élément perturbateur, c’est donc Oliver Queen, Green Arrow, l’agitateur de service, qui prend le parti des miséreux contre des propriétaires bien américains, qui s’engraissent sur leurs dos. Si cela peut paraître anodin pour un lecteur contemporain qui a vu la chute des héros en spandex se précipiter avec Watchmen, Dark Knight et consorts, il ne faut pas perdre de vue qu’il a fallu une amorce de la démythification qui conduit sans doute à plus d’humanité au dépend d’un l’héroïsme sans contrainte. A partir de là, les personnages vont partir dans un road trip (Easy Rider est cité !) à travers les Etats Unis, prétexte à montrer l’envers du décor d’un pays grand, beau, fort et qui sauve le monde. Ainsi, ils seront confrontés aux milices armées, aux fanatiques religieux, au racisme, à la condition des indiens, au consumérisme, la drogue…des thèmes alors largement ignorés par les comics, et d’autant plus ceux de super-héros. Pas de super menaces, juste des individus qui se plongent dans une certaine réalité quotidienne.

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Adams est au sommet de son art, dans sa ligne claire qui sublime le style façon Alex Raymond. Appuyé à l’encrage par de grands noms comme Dan Adkins (ancien de la Warren !) , le vétéran Franck Giacoia (qui débuta dans les années 50) ou la star (alors) montante Bernie Wrightson (Swamp Thing, House of Mystery), il est également associé à l’excellent Dick Giordano (comme ce fut souvent le cas !) quand il ne s’encre pas lui-même. Travaillant de concert avec O’Neil (le futur créateur d’Azrael, entre autres), le traitement des sujet sociétaux est cohérent, plutôt bien amené même en cette période agitée. Le propos est nuancé, réaliste et ne tombe pas dans la mièvrerie des happy end forcés.

Bizarrement, à l’époque, le succès se serait rapidement estompé (?), si on en croit la relégation de la fin de la saga en back-ups (courte histoire finale) des numéros de Flash.

Dans l’hexagone, nous avons largement été épargné par la conscience sociale de ces épisodes puisqu’ils ne furent traduit qu’en 1979 dans les pockets Arédit en noir et blanc Green Lantern 25 à 28 ! Exception faite de ceux où il est question de drogue (publié en 2002 par Semic/ Spécial DC n°14 avec un extrait d’une interview de Adams par Will Eisner), c’est donc la première fois que ces numéros devenus mythiques voient la couleur et le grand format en France ! En plus, ils sont tous réunis sous un même volume, alors… pas d’hésitation possible !

Alain Salles

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